J'ai testé pour vous

Petit partage d'expériences de geek


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Faire voler un drone : par où commencer ?

Avec un tel rabattage médiatique, il est difficile de ne pas avoir entendu parler des drones et de leur utilisation domestique. Que ce soit des prises de vue incroyables dans des émissions telles que “des Racines et des Ailes“, des sujets aux journaux télévisés tant sur les avantages de ces machines que sur leur dérive d’utilisation, l’adoption des drones par les sociétés de lignes de chemins de fer pour empêcher le vol des câbles en cuivre ou les tags intempestifs , les coups de pub d’Amazon en période de Noël prédisant des livraisons par drone dans le futur proche, il semble que le drone soit la solution miracle ou économique à de très nombreux problèmes. Alors c’est décidé, vous aussi vous voulez un drone car vous rêvez d’obtenir des prises de vue un peu plus sympas et originales pendant vos vacances et vous êtes sûr qu’avec votre propre drone vous enverrez Cameron et tous ses projets de suite à Avatar aux oubliettes.

Le terme “drone” est par ailleurs souvent utilisé à tort et à travers. Très régulièrement, les médias parlent de drones alors que nous devrions simplement parler d’engin radiocommandé. L’utilisation du terme “drone” sous-entend un engin qui a la faculté de voler de manière autonome : vous programmez un ensemble de points de passage (coordonnées, altitude, vitesse) que l’engin suivra ensuite en utilisant son électronique de vol (gps, accéléromètres, gyroscopes, …) en liaison ou non avec une station au sol, en général utilisée pour le contrôle en temps réel et le suivi de l’engin. Un drone peut aussi bien être dans un format “avion” que dans un format “hélicoptère” et servira alors des objectifs différents. L’avion typiquement permettra de parcourir des distances plus grandes et d’effectuer des vols plus longs dans la durée, alors que l’hélicoptère (ou assimilé) sera plus utile pour la prise de vue aérienne de par la possibilité d’effectuer du vol stationnaire.

Quand l’engin utilise plusieurs hélices pour se tenir en vol on parle alors de “multicoptère”. 3 hélices = tricoptère, 4 hélices : quadricoptère, 6 hélices = hexacoptères, et ainsi de suite. La principale configuration d’un multicoptère est d’avoir toutes les hélices vers le haut. Il existe également des configuration en “push pull”, càd des paires de moteurs à chaque bout de bras de l’engin exposant une hélice vers le haut et une vers le bas. On parle alors de configuration en Y6 (3 bras, avec 2 moteurs en bout de bras), X8 (4 bras, avec 2 moteurs en bout de bras), etc.

Le nombre de moteurs, d’hélices et leur disposition auront tous un impact sur les caractéristiques de vol. Par exemple, on préférera des grand (800mm – 1000mm de moteur à moteur) hexa ou octocoptères pour porter des caméras ou appareils photos “pro” type Canon Mark 5D ou caméras Red, le nombre de moteurs apportant plus de puissance (porter le poids total de l’engin + caméra), de stabilité (la portée est répartie sur plus de moteurs) et de sécurité (l’appareil continuera à voler ou à être contrôlable même suite à la perte d’un moteur). Par contre, on privilégiera un petit (350 ou 500mm de moteur à moteur) tricoptère ou quadricoptère si c’est pour y attacher une petite caméra type GoPro, histoire d’avoir une machine avec moins d’inertie et pouvant se glisser dans des espaces plus petits.

Le choix de votre engin sera donc déterminé par l’utilisation que vous comptez faire d’une machine volante :

  1. prise de photos et vidéos
  2. vol en immersion
  3. vol sportif/acrobatique
  4. Apprentissage de la programmation / robotique

Si vous mordez à ce hobby – ou en faite un métier plus tard – il est plus que probable que vous aurez différents appareils correspondants à vos différents usages.

Mais par où commencer ? Cet article veut vous donner quelques pistes sur base de ma propre expérience.

1. Oubliez l’AR.Drone de Parrot

De mon point de vue, l’AR.Drone est un jouet bien sympathique mais ne vous apprendra pratiquement rien. Côté photo et vidéo, soyons honnêtes, c’est moche. La qualité des photos est très faible, les vidéos ne sont pas en full HD et comportent énormément de “jello” (càd que l’image semble être parcourue par des “vagues”). Quand au pilotage de l’engin en lui-même, j’y vois 2 gros soucis :

  1. portée de vol limitée due à l’utilisation du wifi pour le contrôle
  2. l’engin est, en fait, trop simple à faire voler et ne vous apprendra pas à prendre en main une “vraie” télécommande ni à doser finement votre contrôle.

2. Commencez petit

Il existe aujourd’hui de nombreux “micro multicoptères” aux excellentes caractéristiques de vol. Dans mes préférés, nous retrouverons les Blade Nano QX et  180QX.

Blade Nano QX

Blade Nano QX

Pourquoi commencer par un petit multi ?

  • Permet d’apprendre à voler en toute sécurité : un petit multi ne risque pas de vous entamer la main avec ses hélices et ne cassera rien chez vous
  • Les petits multis sont très légers, et de ce fait sont beaucoup plus résistants aux chocs. Le Nano QX par exemple pèse moins de 20 grammes
  • On peut voler à l’intérieur quand il fait moche dehors, ou par crainte d’envoyer son quad au sommet d’un arbre dans les premiers temps. Par météo clémente (sans vent ni pluie), on pourra voler dehors sans aucun soucis
  • Les caractéristiques de vol du Nano QX sont assez proches de plus gros modèles, ie mode stabilisé pour faire les premiers pas, mode acrobatique pour les initiés
  • Idéal pour les premières leçons de vol sans crainte de passer à la caisse au premier crash : il est plus rassurant de faire son écolage sur une petite machine de moins de 100€ plutôt que de planter 500€ ou 1000€ dans son jardin aux premiers vols. Et vous ALLEZ vous crasher en apprenant à voler. Si vous ne crashez pas, c’est que vous n’apprenez pas (bien).

3. Apprendre à voler

On a trop vite tendance à croire que parce que son modèle dispose d’un return to home basé sur GPS, d’altitude hold, d’attitude hold, de care free, de geo fencing et autres gadgets, il suffit de se mettre en l’air et qu’il n’est plus nécessaire d’investir du temps dans l’apprentissage. Rien n’est plus faux. Il y a toujours un moment où l’électronique flanche, un moment où la météo vous surprend, ou vos copains vous distraient et dans ses moments-là seuls de bons réflexes de pilotes sauveront votre investissement. De plus, un mauvais pilote prendra de mauvaises images en vol.

Je recommande très fort l’utilisation du simulateur de vol AeroSim-RC. Il s’agit d’un simulateur spécifique pour les avions, hélicoptères et multicoptères radiocommandés. Vous devrez par ailleurs posséder une télécommande afin de contrôler votre modèle virtuel, car il serait stupide d’apprendre à voler avec un clavier. En ce qui me concerne, j’utilise une radio Spektrum DX8 qui me sert tant pour mon simulateur que pour mon Blade Nano QX, mon DJI Phantom ou mon aile volante. Bien d’autres marques sont compatibles avec AeroSim-RC, mais vous verrez assez rapidement que les “standards” les plus courants sont Spektrum, JR et Graupner.

Formation au multicoptère dans Aerosim-RC

Formation au multicoptère dans Aerosim-RC

L’avantage d’Aerosim-RC est de proposer une formation en 24 leçons autour de différents modèles de multicoptère (tri, quad, hexa), autant d’exercices que vous pourrez ensuite effectuer à nouveau avec votre micro multicoptère, pour ensuite enfin les refaire à nouveau sur votre futur plus gros modèle.

A côté de l’écolage, AeroSim-RC s’avérera très pratique pour garder la main lors de journées pluvieuses, ou pour apprendre – sans risque de casse – à faire vos premières acrobaties (flips, rolls). Enfin, Aeromsim-RC supporte aussi le FPV (first person view – ou vol en immersion), ce qui en fait l’outil complet et indispensable de tout micromodéliste aérien.

4. Quel modèle choisir : du “tout fait” ou à construire soi-même?

Personnellement, je pense qu’il est intéressant de commencer par un modèle que l’on monte entièrement soi-même. L’avantage principal est de bien prendre conscience de ce qui compose un multicoptère : le châssis et ses points de faiblesse éventuels, les moteurs, les hélices et leur orientation respective, les contrôleurs de vitesse, les contrôleurs de vol et leurs modules divers (GPS, accéléromètres/gyros, etc). C’est un peu comme conduire une voiture ou un vélo : le plus vous en savez sur votre machine, le plus vous connaîtrez ses limites et le plus vous pourrez réparer ce qui lâche vous-même. Vous verrez qu’il existe énormément d’alternatives, et ce pour chacun des composants qui constituent un multicoptère. Vous devrez obtenir du support ou de l’aide de personnes expérimentées, et fort heureusement il existe de très nombreux forums fort actifs, le plus connu étant rcgroups.com. Youtube fourmille également de vidéos très utiles dans ce domaine, expliquant comment monter vos machines, comment régler leur électronique de vol, comment régler correctement vos systèmes radios, etc. Voici quelques systèmes que je vous suggère de considérer si vous êtes intéressés par le bricolage, histoire de commencer à vous faire la main :

Dans les modèles “tout fait”, j’aurais tendance à me focaliser, comme petit quad ou systèmes d’entrée de gamme, sur les modèles suivants :

  • DJI Phantom
  • Blade 350QX

Ces deux quadricoptères ont une électronique de vol évoluée, ie supportant le vol stationnaire fixe via GPS, le “retour au point de départ” en cas de perte du signal radio, des modes de vols très stables mais également la possibilité de faire un peu d’acrobaties. Le DJI Phantom est sans doute un peu plus modulaire dans le sens où vous pouvez lui adjoindre un module bluetooth permettant non seulement le réglage de la machine sans PC mais également la programmation de “waypoints” pour votre quad, ainsi que l’ajout d’une nacelle stabilisée pour votre GoPro. Le Phantom est grosso modo devenu LE standard des petits multicoptères près à voler.

Encore une fois, je sais que la tentation est grande mais j’insiste fortement sur le fait de commencer par une petite machine pour apprendre à voler correctement. J’ai vu des zouaves (comme on dit en Belgique) ou des gens trop pressés mettre directement 2000 ou 3000€ (voir plus) sur la table pour s’offrir un gros multicoptère, et le planter dans un arbre ou dans la mer à la première occasion. Très sérieusement, vous vous achèteriez une Ferrari pour simplement aller faire vos courses chez l’épicier du coin en roulant à 20 km/h ? Vous apprendriez à rouler pour passer votre permis dans une McLaren ? Non ? Bon et bien c’est la même chose ici.

5. L’équipement photo/vidéo

La majorité des modélistes vous le diront : vive la GoPro ! Je ne pense pas qu’il soit vraiment nécessaire de vous présenter cette caméra qui vous permettra de filmer en HD ou de prendre des photos par intervalle. Le résultat est vraiment probant, voici l’un ou l’autre exemple venant de mes propres vols avec mes petites machines.

Ferme de Moriensart - photo via GoPro

Ferme de Moriensart – photo via GoPro

Maison privée - photo GoPro et retouche Photoshop

Maison privée – photo GoPro et retouche Photoshop

La GoPro est fixée sur le multicoptère de manière fixe ou mobile. Un support mobile, que l’on appelle en général “gimbal”, peut être articulé sur 1, 2 ou 3 axes. Ces supports mobiles permettent non seulement d’orienter la caméra vers le point désiré grâce à votre télécommande, mais également de compenser les mouvements de l’appareil afin d’obtenir une image extrêmement stable. Les gimbals les plus rapides, pour une image la plus stable possible, n’utilisent pas de servo-moteurs mais des moteurs brushless qui contrôlent chacun des axes. Voir par exemple le gimbal DJI Zenmuse H3-2D qui est prévue pour être fixée sur les DJI Phantom et supporte les GoPro 3.

Vos premiers films comporteront certainement du jello, dont j’ai rapidement parlé auparavant. Il sera nécessaire d’équilibrer vos hélices et vos moteurs (à nouveau il y a plein d’articles à ce sujet dans les forums et sur youtube) et de trouver le bon système d’isolation pour votre setup. Par exemple, sur mon DJI Phantom, j’utilise cette entretoise à base de gel depuis peu.

Après quelque temps, vous voudrez sans doute voir en temps réel ce que “voit” la caméra sur votre multicoptère. A nouveau il existe pas mal de solutions à ce besoin. De manière générale, cela signifie ajouter un transmetteur vidéo sur le drone, connecté bien entendu à votre caméra, et un récepteur + écran de votre côté. En général on évite le wifi, car 1) la portée est trop courte, 2) le wifi crée des interférences avec la bande de fréquence utilisée par votre radiocommande et 3) un flux vidéo transmis par wifi a trop de “latence”, ce qui veut dire un léger décalage entre l’émission de l’image et sa réception ce qui peut être très gênant – voir fatal – en vol en immersion. La marque de transmetteur/récepteur la plus souvent citée est FatShark ou encore ImmersionRC. L’écran par lequel vous verrez l’image peut être un petit écran LCD fixé au récepteur vidéo, ou des systèmes plus originaux tels que ces lunette Pirateye vous permettant d’avoir un oeil sur votre modèle et un oeil sur la vidéo. Finalement, il y a également les lunettes pour le vol en immersion, qui ont pour but de vous isoler complètement de votre environnement afin de ne voir QUE ce que filme votre appareil. Attention, le vol en immersion est une drogue très addictive…

6. Voler n’importe où ?

Je sais, c’est tentant de dégainer son drone un peu partout tellement ils sont transportables, mais chaque pays a son lot de lois qu’il s’agit de respecter, dans la mesure du possible. Par ailleurs de nombreux gouvernements parlent d’établir de nouvelles lois pour réglementer l’utilisation des drones, donc pour peu qu’il y ait encore ici et là quelques zones d’ombres, elles ne tarderont pas à être comblées.

La première règle universelle, c’est celle du bon sens. Ce bon sens qui nous dit :

  • Ne pas voler au-dessus d’une foule ou d’un groupe de personnes, sauf si ce groupe est explicitement mis au courant du fait d’être survolé. Ceci touche tant au respect de la vie privée qu’à la protection physique des personnes, une machine de 5 kilos qui vous tombe dessus de 150m de haut, ça ne fait pas du bien.
  • Ne pas voler aux abords de routes, d’autoroutes ou de voies de chemin de fer
  • Ne pas voler au-dessus de terrains sans demander l’autorisation de leur propriétaire. Un drone n’est pas fait pour mater la fille du voisin sous la douche, du moins pas sans conséquences. Un fermier peut ne pas apprécier vos acrobaties au-dessus de son troupeau de vaches, c’est son droit.
  • Ne pas voler près de pylônes GSM ou de télécoms (risques d’interférences et de perte de contrôle de l’appareil)
  • Lors de vol en immersion, avoir un “spotter” avec soi, ie quelqu’un qui pourra suivre votre appareil des yeux et vous donner des indications quant à sa localisation (“attention arbre à droite à 3 mètres, etc”).
  • Avoir une checklist que l’on parcourra avant chaque vol pour être sûr de ne rien oublier, comme par exemple : les batteries sont elles bien chargés ? Les props (hélices) sont elles dans le bon sens et bien serrées ? Quelle commande ai-je assigné à quel bouton sur ma télécommande ? etc, etc.
  • Ne pas voler en ville ou milieu urbain sans autorisation des autorités compétentes
  • Ne pas voler à moins de 3km d’un aéroport

Dès lors qu’une caméra se trouve sur un appareil volant, on veillera à respecter les lois en matière de protection de la vie privée en vigueur dans son pays. De même, on se renseignera également sur les lois en vigueur régissant l’utilisation d’appareils radio-commandés. L’idéal reste toujours l’inscription dans un club d’aéromodélisme qui pourra au mieux guider l’amateur au travers des différentes démarches administratives nécessaires au développement de son activité.

Au final

J’espère avoir pu vous donner quelques indications pour vous aider à démarrer dans ce merveilleux hobby. Il y aurait tellement plus à dire, mais ce n’est pas l’objet de ce blog. Je pense toutefois que si vous vous décidez à suivre mes conseils vous serez sur la bonne voie.


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Smartwatch : la montre Pebble vaut-elle le coup ?

Commençons cette article par une petite définition de ce que’est une “SmartWatch”. Je ne vais pas la sortir de mon pouce le boulot étant déjà fait sur Wikipedia :

Une smartwatch, littéralement « montre intelligente », est une montre bracelet informatisée avec des fonctionnalités allant au-delà du simple chronométrage, présentant des caractéristiques comparables à celles d’un PDA. Alors que les premiers modèles, apparus dans les années 1980, étaient capables d’effectuer des tâches de base comme les calculs, l’agenda-planning puis les traductions ou les jeux, les smartwatches modernes sont devenues des ordinateurs à part entière. Certaines smartwatches peuvent exécuter des applications mobiles, fonctionnent sur un système d’exploitation mobile, ou encore proposent des fonctions de téléphonie mobile. Parmi les autres applications courantes, on trouve la lecture de fichiers audio ou vidéo, la réception radio FM, la connectivité Bluetooth, etc.

Cela fait des mois que la presse ou les sites web technophiles nous parlent des objets connectés et en particulier de ce que l’on pourrait appeler les “second screen devices”. Que ce soit au travers d’articles sur Google Glass, des spéculations sur une montre intelligente venant d’Apple, l’annonce jusqu’ici peu triomphale de la Samsung Galaxy Gear, de campagnes de “crowd funding” particulièrement couronnées de succès telles que pour la montre Pebble, nous pouvons voir se développer de plus en plus cette tendance vers des “objets compagnons” de nos smartphones nous rendant certaines de leurs interactions moins envahissantes, plus discrètes ou plus rapides.

Qu’est-ce que la montre Pebble

La montre Pebble est une montre connectée, ie qui peut se connecter via bluetooth (2.1) à un smartphone iOS ou Android. Elle dispose d’un écran e-ink noir et blanc (que l’on peut assimiler au concept de papier électronique un peu comme sur une liseuse) lui garantissant une basse consommation par rapport aux smartwatches basées sur des écrans OLED et une très bonne lisibilité sous toute condition lumineuse. Un rétro-éclairage peut être activé par pression de bouton ou par simple mouvement du poignet.

De base, une Pebble vous offrira les fonctionnalités suivantes :

  1. heure avec possibilité de changer le type d’affichage (analogique, digital, texte, etc). Il est possible de rajouter ses propres “watch faces”, j’y reviendrai plus bas
  2. alarme
  3. notifications : notifications textuelles sur votre montre lorsque vous recevez un SMS, un email, un coup de fil ou update Facebook. Vous pouvez réellement lire vos SMS ou emails sur votre montre. Il est possible d’étendre les notifications à de nombreuses autres applications par ajout d’un petit soft sur votre smartphone Android (j’ose espérer que la même chose est possible sur iOS)
  4. contrôler votre musique : play/pause/forward/… Très pratique pour changer de morceau lorsque votre smartphone est dans votre poche
  5. fitness : si vous utilisez l’appli “runkeeper” sur votre smartphone, vos stats seront directement affichées sur la Pebble en cours d’exercice

La Pebble est étanche (5 ATM) et tiendra entre 5 et 7 jours en moyenne par charge. Le chargement se fait par un câble fourni à la “sauce mac”, ie connecteur magnétique du côté de la montre et USB de l’autre.

Pourquoi j’ai choisi la Pebble

Affichage et “Pebble faces”

La majorité des montres “intelligentes” que j’ai pu voir ces derniers années ressemblaient soit à des briques attachées à votre poignet, ou avaient une longévité sur batterie ne dépassant pas la journée. Ce qui m’a particulièrement séduit avec la Pebble, c’est tout d’abord son écran, et la possibilité de customiser sa montre à souhait. Vous avez envie d’un montre avec aiguilles classique, sobre, pas de soucis. Vous préférez un affichage digital ? Pas de soucis. Vous préférez un mode texte, comme “cinq heures cinquante et une” ? Pas de soucis. Vous aimez les montres plus cryptiques à lire, genre affichages à la Tokyoflash ? Pas de soucis. Je  change selon mes envies, selon les endroits ou personnes que je fréquente.

Exemples de "watch faces" pour Pebble

Exemples de “watch faces” pour Pebble

Différents sites web vous proposent des “faces” à gogo à télécharger, comme par exemple mypebblefaces.com, ou encore de créer en quelques clics votre propre montre, comme le site Watchface Generator.

Les apps

Par défaut vous devrez installer l’application “Pebble” sur votre téléphone; elle permet simplement de lier les 2 engins entre eux, de faire des mises à jour du firmware de la montre, de définir quelles applis (SMS, email, …) enverront des notifications vers la Pebble ou encore d’installer et supprimer les watch faces ou apps dont vous n’avez plus besoin sur la Pebble-même.

Outre les watch faces, vous pourrez ajouter des fonctionnalités supplémentaires à votre couple smartphone/Pebble grâce à une bibliothèque toujours grandissantes d’applis sur l’AppStore ou Google Play Store. Pebble Notifier par exemple vous permettra d’étendre les notifications de votre smarphone sur la Pebble a quasi toute appli tournant sur Android. Glance for Pebble vous permettra d’avoir un affichage sur la Pebble en continu de la météo, nombre de SMS et email non lus, etc. D’autres de déclencher via la Pebble une prise de photos via votre smartphone, de voir votre vitesse et nombre de kilomètres parcouru en vélo, de lancer des tâches définies dans Tasker, d’afficher votre calendrier/agenda, de…., de…. bref, la liste est longue et se relonge au fur et à mesure du temps qui passe.

Consommation et utilisation non connectée

J’ai eu une montre Sony SmartWatch il y a 2 ans, c’était une horreur. Obligé de la recharger tous les jours, et impossible de l’utiliser si elle n’était pas connectée à mon téléphone. Pas de soucis avec la Pebble, comme je l’ai dit plus haut elle tient jusqu’à 1 semaine entre les charges, et si ne voulez plus être perturbé par les notifications vous pouvez sans soucis la déconnecter de votre smartphone.

Pour une durée de vie max entre charges, il n’y a pas de secrets : couper bluetooth sur la montre quand vous n’en avez pas besoin, éteignez-la le soir avant de vous coucher (tout comme votre téléphone, ce n’est pas bon de dormir avec un four à micro-ondes à côté de la tête…) et dans ma mesure du possible évitez ou limitez l’utilisation de watch faces fort consommatrices, genre avec animation toutes les secondes.

Des défauts ?

Un produit sans défauts étant théoriquement impossible à réaliser, voici ma petite liste de doléances :

  1. interférences bluetooth avec le car kit standard de ma voiture : si l’appli Pebble est en route sur mon smartphone, j’ai un mal de chien à lier le smartphone avec le car kit de ma voiture. Soit ils ne se connectent tout simplement pas quelles que soient les tentatives, soit la connexion s’établit puis se coupe puis se rétablit et ainsi de suite. Cela ne semble, d’après le forum Pebble , ne pas être le cas pour tous les car kits, et à vrai dire chipoter avec sa Pebble au volant c’est de toute façon dangereux. Mais le manque de réaction de Pebble quant à ce problème malgré de très nombreux témoignages est gênant. Ce n’est pas la montre qui semble en cause, mais vraiment l’appli officielle Pebble sur le smartphone.
  2. Une semaine entre charges au max, c’est déjà très bien. Un peu plus, cela aurait vraiment été très chouette. Cela aurait été sympa d’adopter la norme Bluetooth Low Energy (un subset du standard Bluetooth 4) plutôt que 2.1. Il semble cependant que ceci soit dû à certains profils bluetooth non disponibles en bluetooth low energy (MAP, AVRCP, HFP) et nécessaires pour les services de notifications.
  3. Mémoire : les pebble faces, on est vite tenter de vouloir en tester des tas. Il faudra faire le ménage régulièrement et supprimer celles qui sont les moins utilisées, j’ai déjà été bloqué vers 12-13 faces.
  4. Pebble ne semble pas tenir ses promesses quant aux applis sportives compatibles. Runkeeper c’est déjà bien, mais beaucoup d’entre nous en utilise d’autres comme Runtastic ou Endomondo ou…
  5. Je cherche, je cherche….
  6. Bah, allez, certains diront qu’ils n’aiment pas le design. Justement moi je l’aime bien, donc hop, on retire ce point.

En conclusion

J’adore cette montre ! Elle correspond tout à fait à mes attentes et usages. Les watch faces sont vraiment géniales et me permettent de changer de look sans changer de montre (demandez à mes parents combien j’ai eu de montres depuis mon plus jeune âge…). En réunion au bureau ou en clientèle, elle me permet de discrètement refuser un appel ou de voir toute notification reçue sur mon smartphone. Bref, si c’est également cela que vous recherchez : foncez !

Si vous cherchez une montre qui fait la vaisselle, le ménage, qui sortirait les poubelles ou qui remplacerait intégralement votre smartphone, passez votre chemin 😉

 


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Pourquoi je vais revendre mon Nike Fuelband

Depuis quelques mois, j’ai testé RIEN QUE POUR VOUS le Nike Fuel Band. Je ne l’ai fais que dans votre intérêt bien entendu, je n’y avais aucun intérêt personnel. La science et le dévouement, c’est tout 🙂

Qu’est-ce que le Fuelband ?

En gros, le Nike Fuelband est un bracelet qui est équipé d’accéléromètres et gyroscopes qui mesure votre activité. Le fait de marcher, courir, sauter, bref de bouger est capté par une petite série de… capteurs qui traduiront tout ceci en une évaluation du nombre de pas que vous faites et de calories dépensées. Le bracelet dispose également d’un affichage qui vous permet de visualiser l’heure, le nombre de pas effectués sur la journée, les calories consommées et vos “fuel points”. Les fuel points sont en gros une sorte de “valeur universelle” définie par Nike, basée sur les mesures effectuées par les capteurs et ayant pour but de comparer vos efforts de jour en jour mais également de vous définir des objectifs journaliers à achever (faire au minimum 3000 fuel points), de comparer vos “points” avec vos contacts sur le site web Nike+, etc.

Le bracelet Nike Fuelband

Le bracelet Nike Fuelband

Cette montre, enfin euh ce bracelet, dispose d’un petit connecteur USB. Au minimum une fois par semaine, vous le connectez à votre PC et grâce à un petit programme installé auparavant et bien entendu fourni avec le bracelet, tous vos efforts et vos données seront chargées sur le site Nike+. Ceci vous permet donc de stocker l’historique de vos performances, et de les comparer avec ceux de vos contacts.

Statistiques Fuelband sur le site Nike+

Statistiques Fuelband sur le site Nike+

Statistiques pour une journée sur Nike+

Statistiques pour une journée sur Nike+

Pourquoi tester un Fuelband ?

J’ai un travail assez sédentaire où je passe des heures en réunion. Et je ne suis pas un grand sportif… loin de là ! Ma relation avec le sport a toujours été assez conflictuelle, ceci remonte à mon jeune âge quand… enfin bon ceci est une autre histoire.

Bref, me rendant compte de mon faible niveau d’activité corporelle, je sentais l’envie (je n’oserais certainement dire le besoin, ce serait pousser un peu loin) d’avoir une sorte de témoin me rappelant à plus de mobilité. Un truc où je puisse définir un seuil minimal journalier (par exemple 2500 ou 3000 “fuel points”) et qui chaque fois que je consulterais l’engin me rappellerait à mon devoir.

Et ça marche ?

Rappelons que j’ai acquis le fuelband il y a plusieurs mois, pratiquement au moment de son lancement. Cette petite précision à son importance en ce qui concerne la prochaine section de mon évaluation. Mais disons que d’un point de vue strictement limité à la description du produit original, oui le Fuelband fonctionne bien. Je me suis surpris à consulter plusieurs fois pendant la journée – et ceci non seulement les premiers jours mais également dans les mois qui ont suivi – la progression de mon activité et de rechercher tout au long de la journée ce qui me ferait plus bouger. Prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, aller marcher un petit peu sur le temps de midi ou le soir. Ou agiter frénétiquement mon bras pour marquer plus de points, ce qui ne sert honnêtement pas à grand chose à moins d’avoir un super tonus pour agiter le bras *frénétiquement* pendant plus de 10 minutes (bon, les gars, arrêtez de penser à ce que vous pensez…).

Ceci dit, il y a des choses qui déçoivent un peu. Je vais passer une heure en salle de sport faire du cardio training (vélo, running mill  & co) et paf, score minable. Ben oui, le vélo ça ne fait pas beaucoup bouger les accéléromètres ou les gyroscopes, donc score faible. Pourtant j’ai transpiré nom d’une pipe ! Et ne comptez pas prendre le fuelband avec vous dans la piscine… S’il résiste à une douche (rapide), la piscine le tuera.

Donc en gros, je le conseille ce fuelband ?

En fait non. Je dirais même que le Fuelband est assez décevant. Là, désolé Nike je vais me lâcher mais tu l’as bien mérité ! Ma relation de consommateur avec toi a commencé avec le Nike Fuelband et s’arrêtera définitivement ici. Rien à voir avec le fait que les activités du type vélo ne soit pas mesurées, ça, je peux tout à fait le comprendre et ne peux l’assimiler avec un défaut quelconque.

Le Nike+ Fuelband n’est pas une montre à quartz des années 80. C’est un appareil qui se connecte sur un ordinateur, reçoit des mises à jour, et les données qu’il collecte sont stockées dans une base de données reliée à un site web. En gros, l’ensemble est  évolutif dans les limites du hardware bien entendu.

Primo, Nike m’a fait miroiter (je peux ressortir quelques tweets échangés) ainsi qu’à plusieurs milliers de personnes qu’ils sortiraient une application pour Android (les smartphones qui fonctionnent avec le système de Google, pas d’Apple). A quoi ça servirait ? A pouvoir consulter son historique d’efforts (fuel points, nombre de pas, etc) sans avoir à aller sur un ordinateur mais également et principalement : à utiliser la connexion bluetooth du bracelet pour uploader les données via le smartphone vers le site Nike+. Merci Nike d’avoir attendu 2013 pour finalement annoncer que vous vous cantonneriez simplement à l’iPhone. Nous sommes des milliers à donc l’avoir dans le c…

Secondo, un autre point d’interrogation quand on mène une vie rapide et stressante est : ai-je un bon sommeil ? Quand on a un bracelet équipé d’accéléromètres et de gyroscopes, on peut à priori mesurer les mouvements que l’on fait pendant la nuit dans son lit, et donc en ressortir une analyse de la qualité de son sommeil. OK, ce n’était pas dans le descriptif du produit, je l’admets. Mais comme je l’ai souligné plus haut, toutes les capacités sont là. A nouveau, échanges et suggestions ont été faite à Nike, qui bien poliment remercie pour la suggestion. Vous savez, ce genre de sourire que vous pouvez recevoir lors ce que vous visitez la Chine… Je te souris mais en gros je pense que tu es un gros con. Et bien chez Nike, c’est la même chose. “Merci pour la suggestion mais on n’en a rien à foutre”.

Tertio, et alors là j’explose carrément, c’est la nullité intégrale du site Nike+. J’ai des mois de données stockées sur leur site que je ne peux exporter et récupérer. Impossible donc à mon petit esprit analytique et surtout à mes petits softwares divers de tritouiller ces données pour en tirer autre chose que le simple graphe temporel fourni sur Nike+. Pire, bien bien pire, c’est la bêtise artificielle (on parle bien d’intelligence artificielle, non ?) de Nike, qui est incapable de développer son site pour fournir des fonctions d’analyse plus évoluées, comme par exemple détecter des périodes d’activités récurrentes (des “patterns”) et de me poser quelques questions au travers du site à ce sujet. Par exemple, “on a remarqué tous les lundis, mardis et jeudis une période d’activité entre 8h15 et 8h45, de quoi s’agit-il ?”. A partir de là, et une fois cette intelligence mise en place, l’utilisateur peut vraiment commencer à cisailler ses journées et comprendre quels sont les activités “lucratives” en terme de “fuel point”, et de là modifier son comportement pour viser encore plus d’efforts. Enfin, je dis “incapable” plus haut, ce n’est pas gentil. Je suis sûr qu’ils en sont capables, c’est “juste” une histoire de priorité et d’investissement. “Combien de petits enfants à faire bosser en plus en Asie pour produire plus de chaussures pour développer ces fonctionnalités sans rogner nos marges bénéficiaires”, je suis sûr qu’ils savent y répondre.

Oh, et puis j’ai oublié de dire que ce fuelband dispose d’un capteur de luminosité qui fonctionne à l’envers. Le soir, l’affichage est censé éclairer moins fort vu qu’il fait plus sombre, non ? Pas chez Nike ! Au plus il fait noir, au plus je te monte la luminosité. Ce n’est plus un bracelet, c’est une Maglite ! Bonjour la discrétion…. Aaaaah, mais c’est fait exprès ? Pour MONTRER que l’on a un Nike Fuelband ? Désolé, c’est pas mon genre.

Oulalaaaaa, mais il est fâché qu’on dirait ? Tudieu oui je suis remonté ! Comme product manager, ça m’énerve quand on a de l’or en main mais que l’on préfère continuer à faire du plomb. Soit Nike diminue le prix de 35% et je ne discute plus, soit le prix reste le même et on pense à ses clients.

En conclusion : mon Nike Fuelband va terminer sur eBay, je suis en train de regarder le “Jawbone Up”… Ou alors j’attendrai un projet équivalent en crowd funding, venant d’un gars (ou d’une fille ne soyons pas sexiste) qui aura l’intelligence de prendre une approche Open Source en ce qui concerne le traitement des données collectées, voir même pour l’évolution des fonctions du bracelet lui-même.