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Pebble Time, le retour du Jedi

Dans le monde des montres connectées, ou encore smartwatches, deux géants s’affrontent : d’un côté Google avec son système “Android Wear” qui a été adopté par divers fabricants tels que Motorola, LG, Sony, Samsung ou encore Asus, et de l’autre Apple avec son Apple Watch, qui a pénétré le marché en force (et encore, pas disponible à l’achat dans tous les pays européens) mais peine à maintenir ses objectifs de vente. Ces deux camps ont une approche exclusive jusqu’ici, à savoir qu’il vous faut un smartphone Android pour utiliser une montre Android Wear, idem pour le couple Apple iOS + Apple Watch. Google travaillerait de son côté afin de rendre possible l’utilisation d’une montre Android Wear avec iOS.

A côté de ces approches exclusives, il existe une pléthore de montres connectées qui, pour la plupart, n’offrent comme fonctionnalité que le suivi des activités sportives et éventuellement la notification de messages ou appels entrants. C’est ici que l’on trouvera les Jawbone, FitBit, Garmin et autres Withings. Elles fonctionnent en général autant avec des smartphones Android qu’Apple, mais peuvent difficilement être considérée comme “smartwatch” de par leur fonctionnalité limitée.

Dans une catégorie un peu à part, Pebble se taille une jolie part du gâteau. C’est en 2012 qu’un projet pour une montre connectée basée sur un écran monochrome de type “e-ink” (encre électronique) fonctionnant autant avec Android qu’iOS est apparu sur la plateforme de financement participatif Kickstater. Cette année-là, elle est devenue le projet le plus financé ayant jamais existé sur Kickstarter, en levant plus de 10M$ de fonds. Grâce à son écran à base d’encre électronique et un processeur peu groumand, cette montre ne nécessitait pas de charge chaque jour, elle était légère, résistante à l’eau. Le public ne s’est pas trompé, au 31 décembre 2014 Pebble avait déjà vendu plus d’un million de montres. A titre de comparaison, 6.8 millions de “smartwatches” (incluant donc également les montres de type “fitness tracker”) se sont vendues en 2014, le record revenant à Samsung ayant vendu plus ou moins 1,2 millions de smartwatches. Joli score Pebble face au monstre sud Koréen, non ?

Les années passant, il était donc temps pour Pebble de lancer un nouveau produit, et c’est donc en janvier 2015 qu’une nouvelle campagne de financement Kickstarter a vu le jour, cette fois pour la montre “Pebble Time” – grosso modo, et j’y reviendrais plus en détail dans cet article, une version couleur de la montre Pebble originale. Nouveaux records pour cette campagne, la première à lever 1 millions de dollars en moins d’une heure, et un total de 20,3 millions de dollars sur la totalité de sa campagne ! Le petit Padawan est devenu un véritable Jedi.

Comment la Pebble Time tient-elle face aux montres Android Wear and Apple Watch ? Est-elle une alternative à considérer si vous désirez ajouter une extension numérique à votre smartphone ? Après un peu plus de deux semaines d’utilisation la réponse est définitivement “oui”. Ayant une LG G Watch R (Android Wear) depuis plusieurs mois, voici le résultat de ma propre comparaison s’impose.

Confort : porter la montre

La Pebble Time pèse 42.5 grammes bracelet inclus. Elle fait 9.6 mm d’épaisseur. Comparée à la LG G Watch R avec ses 62 grammes et 11 mm d’épaisseur, on peut dire que la Pebble Time se fait facilement oublier une fois au poignet. Les montres Android Wear ont quelques fois tendances à chauffer, comme vos smartphones, lorsqu’un processus utilise trop de puissance du processeur, lors de mise à jour etc ce qui est une sensation peu agréable au poignet. En comparaison la Pebble Time ne chauffe jamais. Enfin, si la LG G Watch R devra être impérativement chargée tous les jours ou jours et demi (selon votre utilisation), le fait de pouvoir utiliser la Pebble Time jusqu’à une semaine sans devoir la recharger procure une sensation presque jouissive. Pas besoin non plus d’enlever la Pebble Time lorsque l’on va nager ou sous la douche, elle est étanche jusqu’à 30m alors que la LG est, grosso modo, résistante aux éclaboussures ou à une brève immersion à 1 mètre de profondeur maximum.

Avantage : Pebble Time

LG G Watch R et Pebble Time

LG G Watch R et Pebble Time

Confort : lecture de l’écran

La LG G Watch R a un écran P-OLED de 1.2 pouces et d’une résolution de 320×320 pixels, alors que la Pebble Time dispose d’un écran couleur “e-paper” (papier électronique) de 144×168 pixels. D’un point de vue strictement esthétique, on serait tenté de donner l’avantage à LG : la luminosité de l’écran et sa résolution permettent un affichage de qualité, le rendu des “faces de montre” (ie le type de quadrant que vous désirez afficher) est du plus joli effet. On trouvera d’ailleurs pour les montres sous Android Wear un nombre incroyable de “reproductions” de montres de marques connues, telles Breitling, Citizen, Mondaine, Tissot, Rado, Panerai et j’en passe et ce surtout via l’application WatchMaker. C’est joli, mais ce ne sont jamais que des imitations qui n’auront jamais l’éclat d’une montre de marque originale. C’est un peu comme se balader avec un faux sac Vuitton : ça ressemble de loin, mais de près ça ne donne pas le change. A côté de cela, il y a les désavantages de la technologie OLED (LCD, AMOLED, même soucis) : au plus la luminosité extérieure est élevée au plus la lecture de l’écran est difficile. Et inversement, le soir ou dans l’obscurité, la luminosité de la montre devient un peu gênante. Combien de fois ne m’a-t-on pas demandé en soirée pourquoi je portais une lampe de poche à mon poignet…

Côté Pebble Time, la lisibilité de l’écran est un bonheur total : au plus la luminosité augmente au plus l’écran est lisible, et en cas de manque de lumière un petit coup du poignet suffira pour allumer brièvement un rétro-éclairage. Elle en devient, de ce fait, beaucoup plus discrète à porter, et la lecture de l’heure ou d’une notification demande moins de jouer de sa deuxième main pour cacher l’écran du soleil. L’écran e-ink couleur est surprenant – c’est la première fois que j’en vois un de ce type. Il permet d’afficher 64 couleurs, bien moins que les milliers de nuances d’un écran OLED ou LCD, et du fait du nombre réduit de pixels et de couleurs il ne faudra pas espérer trouver des beaux replicas de montres de marque, comme sur Android Wear. Ceci dit on s’en passe rapidement, pour passer de l'”imitation game” à un aspect nettement plus fonctionnel.

Finalement, la Pebble Time n’a pas d’écran tactile, et au final et à mon grand étonnement cela s’est avéré un plus. L’écran tactile sous Android Wear n’est pas toujours très réactif, mais ce qui est le plus énervant est d’activer l’écran à chaque fois que vous vous croisez les bras… Avec Pebble Time ce soucis n’existe pas.

Avantage : l’efficacité plutôt que le bling bling, donc Pebble Time

Gestion des notifications

Il est pratique de recevoir un petit message sur sa montre dès que vous recevez un SMS, chat (whatsapp, viber, etc), un nouvel email ou toute autre notification qui peut apparaître sur votre smartphone. En terme de type de notifications reçues, je n’ai pas remarqué de différences notables entre Pebble Time et Android Wear outre certains éléments graphiques (par exemple un sticker dans Viber s’affichera dans toute sa gloire alors que Pebble vous dira que vous avez reçu un sticker mais ne l’affichera pas). Tant sur l’une que sur l’autre, vous pouvez effectuer certaines actions sur ces notifications, telles qu’un “dismiss” (faire disparaître la notification), “delete” (par exemple effacer l’email gmail que l’on vient de recevoir), voir répondre à un SMS ou message. Si Dick Tracy est votre idole, vous pourrez dicter vos messages de réponse tant à l’une qu’à l’autre montre – chose que je ne fais que très rarement, il faut avouer que l’on a toujours l’air un peu con. J’ai cependant été étonné de la qualité de reconnaissance vocale de la Pebble Time, et ce même en Français.

A noter que Pebble Time propose d’installer…. android wear sur votre Smartphone, ceci afin de pouvoir utiliser certains APIs qui permettent, par exemple, qu’une notification vue sur la montre et supprimée sur celle-ci soit également supprimée sur le téléphone. Par contre, lorsqu’il s’agit de retrouver une notification que l’on a reçue puis effacée, Pebble Time s’en sort nettement mieux que Android Wear où cette opération est quasi impossible.

Avantage : ex aequo

Applications

Outre le fait de pouvoir appliquer des cadrans de montres divers, chacune des deux montres permet d’installer des applications diverses. Avec Android Wear, cela se fera au travers du téléphone via le Google Play Store, avec la Pebble Time cela se fera au travers de l’application Pebble Time sur votre smartphone. De nombreuses applications Android vont par ailleurs automatiquement installer une petite app sur votre smartwatch Android Wear si celle-ci est détectée, comme par exemple Shazam, Google Fit, Glympse, FlightRadar24, etc. Pour la Pebble Time, et si les apps sont votre focus, vous allez être un peu déçu… On retrouvera des “fitness trackers” genre Up ou Misfit, Runkeeper, des lecteurs de flux RSS, des compagnons pour des applications genre TripAdvisor ou Evernote, des petits jeux basiques mais au final même s’il y a “des milliers d’applications” dans le portail Pebble cela reste un peu maigre et au design un peu moins soigné que ce que l’on retrouve sous Android Wear. Il faut souligner que Pebble n’a toujours pas introduit de système de paiement dans sa plateforme d’applications ou de “watch face” et ceci peut certainement être considéré comme un frein pour des développeurs préférant viser des plateformes leur permettant de monétiser le fruit de leur travail.

Il faut néanmoins mettre en avant la fonctionnalité “timeline” de la Pebble Time, qui permet rapidement de consulter les événements futurs ou passés, tels que par exemple vos événements calendrier, les prévisions météo ou toute info associée au temps venant d’applications compatibles (exemple : l’heure de votre prochain vol, quand il faudra recharger la batterie etc). Voici une petite vidéo qui explique bien le concept :

Avantage : Android Wear

Capteurs divers

En terme de capteurs, la LG G Watch R est pourvu d’accéléromètres, de gyroscopes, d’un compas électronique, d’un baromètre et d’un capteur de battement de cœur. Ce dernier est plutôt un gadget qu’autre chose, parlez-en à votre médecin et il va se marrer… Mais cela peut donner une indication intéressante ici et là. Le compas électronique est assez stable une fois recalibré (comme sur un smartphone), quant au baromètre il y a peu d’applications qui en font bon usage.

La Pebble Time est plus maigre sur ce plan : accéléromètres, gyros, compas électronique. Le compas électronique est moins stable et a tendance à sauter un peu en utilisation de type boussole. Pebble a par contre annoncé l’ouverture de son écosystème vers des “smartstraps“, genre de bracelets alternatifs pour la Pebble Time permettant d’ajouter des fonctionnalités supplémentaires tels que capteur de fréquence cardiaque, lecteur NFC, GPS, batteries supplémentaires etc. Ceci semble toutefois toujours en stade de concept et l’on a pu encore voir de smartstrap probant jusqu’ici, lagré un concours lancé par Pebble avec un joli financement à la clé (1M$).

Avantage : LG G Watch/Android Wear, jugement à revoir lorsque les premiers smartstraps seront disponibles

Verdict

Le fait que je porte la Pebble Time tous les jours est un verdict final en soi. Elle est plus lisible, plus légère et plus discrète. En terme de fonctions de base – lire l’heure, voir qui m’appelle, voir les notifications de mon smartphone sans devoir toujours me saisir de celui-ci, la Pebble Time remplit tout à fait son office. Ce n’est pas pour autant que j’ai définitivement rangé ma montre Android Wear, que je ressors de temps à autre, et pour être honnête plutôt pour son côté bling bling.

A 249€, la Pebble Time n’est pas gratuite, voir plus chère qu’une Moto 360 ou qu’une LG G Watch R, le choix basé sur le coût n’est donc pas le plus évident.

 


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Les montres Android Wear sont-elles une solution grand public

Dans un article précédent, je vous avais parlé de la montre connectée Pebble. Les mois passant, celle-ci n’est plus unique sur le marché, de nombreux constructeurs ayant rejoint le train des objets connectés se reliant à nos smartphones pour offrir de nouvelles manières de consommer de l’information ou d’interagir avec le continent numérique. Google n’est pas le moindre de ces acteurs, et avait annoncé en mars 2014 la sortie d’une nouvelle plateforme pour objets connectés, principalement des montres “intelligentes”, appelée “Android Wear”. Plutôt que de vouloir implanter un système Android complet dans une montre, le système Android Wear de Google est centré sur l’affichage de sortes de cartes d’informations, telles qu’on les trouve sur Google Now. Android Wear est par ailleurs fortement axé sur les commandes vocales, à nouveau telles qu’on les retrouve dans Google Now. Par exemple “envoie un SMS à Bernard je serai en retard à la réunion” ou “mets une alarme pour 7h30”. Ce système de cartes permet d’afficher des notifications (emails et SMS reçus, alarmes, météo, votre fréquence cardiaque si la montre le supporte, le nombre de pas fait au cours la journée telle un bracelet FitBit ou autre) et s’enrichit via l’ajout d’applications tierces que l’on trouve dans le Google Play Store. Par exemple, si vous utilisez Runkeeper ou Runtastic lorsque vous allez courir ou faire du vélo, vous pourrez voir vos données d’activités sur votre montre plutôt que devoir sortir votre smartphone de sa housse.

Fidèle à son approche, Google n’a pas construit de montre connectée basée sur son système, mais délègue à des fabricants tels Motorola, LG, Sony, Samsung, Asus etc. De par son système de licence similaire au système Android, même vous pourriez construire votre propre montre Android Wear. Les montres actuellement vendues par ces fabricants sont relativement similaires au niveau de leur caractéristiques, même si dans le détail on trouvera des variations (type d’écran, taille de batterie, etc) : on y trouvera un écran tactile permettant d’interagir avec la montre sans utiliser la voix, un micro mais pas de haut parleur, et des capteurs divers allant du gyroscope et accéléromètres au capteur de lumière et capteur de rythme cardiaque. La connexion avec le smartphone, exclusivement tournant sous Android 4.3 ou supérieur, se fait en bluetooth. Nous voyons ici une première grosse différence avec la montre Pebble qui peut se connecter tant avec des iPhones qu’avec Android. Google construit donc son écosystème et en cela se rapproche fort d’Apple. Pas trop étonnant à vrai dire.

De gauche à droite : Motorola Moto 360, Asus ZenWatch, LG G Watch R, Sony Smartwatch 3

De gauche à droite : Motorola Moto 360, Asus ZenWatch, LG G Watch R, Sony Smartwatch 3

Dans l’esprit de ce blog, je n’annonce pas ici une nouveauté, Android Wear étant sur le marché depuis de nombreux mois. J’ai par ailleurs “attendu” le dernier trimestre de l’an passé avant de me jeter dans le bain et tester ces petits joujous, le temps de faire passer l’une ou l’autre mise à jour du système et de laisser les fabricants faire leurs premiers essais. J’ai testé deux montres, la Sony SmartWatch 3 et la LG G Watch R et vais vous livrer ci-dessous mes impressions, tant positives que négatives.

Sony SmartWatch 3

Si j’ai décidé de me jeter dans le bain d’Android Wear avec la Sony SmartWatch3, c’est que celle-ci semblait être la plus complète et aboutie au niveau de ses spécifications : une “grande” batterie, une mémoire de 8GB pour stocker de la musique et donc pouvoir se passer de son smartphone, un GPS intégré… Tout semblait donc bien parti.

Au déballage, on charge la batterie, l’écran s’allume… Joie, l’écran est très joli. Les couleurs sont flash, lumineuses et contrastent fort avec le monochrome type e-ink de Pebble. On le paiera à l’autonomie bien entendu, car si je n’avais aucun soucis pour tenir 4, 5 voir 6 jours avec ma Pebble sans devoir la recharger, les montres Android Wear devront revenir s’alimenter tous les jours ou deux jours suivant votre utilisation. Il faudra penser à un chargeur USB mural double, histoire de charger votre smartphone et montre en même temps. Pour le coup, j’avais commandé ce chargeur Inatek sur Amazon et ne le regrette aucunement : 2,4 ampères sur une fiche pour mon HTC One, et 1 ampère sur l’autre pour la montre ou le smartphone de ma compagne.

La montre ne fonctionnera pas tant qu’elle n’aura pas été connectée à votre Smartphone via l’application Android Wear. Aucun soucis de ce côté-là, la SmartWatch3 est reconnue rapidement, l’heure se synchronise et un petit tutoriel se déroule sur la montre pour expliquer le fonctionnement de ces fameuses “cartes”. Une petit vidéo ci-dessous pour vous montrer le principe :

Comme sur toutes les montres Android Wear, vous pouvez choisir différents type de “watch faces”, en gros à quoi ressemble la montre pour afficher l’heure. Chaque constructeur vient avec ses propres faces et franchement la SmartWatch 3 est un peu tristounette de ce côté. On trouvera rapidement des applications tel l’excellent “Watchmaker” pour palier à celà, vous permettant de créer vos propres faces de montre ou d’en télécharger à profusion sur le site facerepo.com. Vous ne serez pas étonné d’y trouver des répliquas de montres de marques, genre Breitling, Panerai, Citizen,… (ce qui a valu et vaut toujours quelques lettres de type “cease and desist” aux sites hébergeant ces fichiers de la part des fabricants concernés) mais aussi et heureusement des créations plus originales tirant parti de l’univers numérique auquel ces montres sont connectées).

Ce qui m’emmène à parler des applications pour Android Wear, que l’on installe via le Play Store à partir de son smartphone et qui se synchronisent ensuite avec votre montre Android Wear. C’est un processus un peu étrange, à vrai dire. Aucun log ou message sur votre téléphone, via par exemple l’appli Google Android Wear, pour vous signaler que l’appli s’est bien synchronisée. Hors ceci peut prendre quelques fois du temps, n’oublions pas que l’on est en bluetooth, pas en wifi. Que dire aussi d’applis pour lesquelles le “compagnon” sur la montre disparaît après quelques jours ? Il faudra passer par une option permettant de forcer la synchronisation des apps dans Android Wear sur votre smartphone pour corriger cela. Et dans certains cas, il faudra carrément désinstaller l’appli sur votre smartphone et la réinstaller pour qu’elle réapparaisse sur votre montre (je n’ai eu ce soucis qu’avec l’appli “Bearing“, un très joli compas électronique, pour être honnête, mais bon…). OK, on va dire que l’on est encore dans la première année de vie d’Android Wear, mais espérons que Google améliore un peu cet aspect avec le temps.

Première énorme déception avec la SmartWatch 3 : aucune fonction standard ne supporte le GPS intégré dans la montre. Encore plus fort, et franchement totalement risible, l’application “Sony Lifelog” ne supporte même pas la Sony SmartWatch 3. Suite à une mise à jour fin octobre, euréka, on peut synchroniser les nombres de pas faits pendant la journée que la montre a tenté de dériver des capteurs tels que gyro et accéléromètres mais toujours pas de support du GPS. Et des applications de sport telles que Runkeeper, Runtastic etc ignorent parfaitement ce GPS intégré aussi. Je n’ai finalement trouvé que Google My Tracks qui me permette d’enregistrer un trajet de manière autonome avec ma montre puis de synchroniser ce parcours avec l’appli correspondante sur mon smartphone. J’insiste vraiment sur ô combien ceci est risible de la part de Sony, qui a positionné cette montre comme “le compagnon des sportifs”.

Deuxième grosse déception, le support des mp3 sur la montre elle-même. C’est une des raisons principales de mon choix pour la SmartWatch 3. J’imaginais qu’il suffirait de brancher la montre sur mon PC via le câble USB pour y transférer la musique. Cela parait simple, logique et efficace. Hé bien non. Dans un premier temps je ne trouve aucune info pour savoir comment faire. Et rien sur le site de Sony. Ben non, ce serait trop facile. Finalement au bout de 2 ou 3 semaines apparaît une mise à jour d’Android Wear annonçant le support pour les montres telles la SmartWatch3 qui permettent de stocker de la musique. Euréka me dis-je !! Hé bien non. En gros, il faut passer par Google Play Music sur le smartphone (que je n’utilise pas, lui préférant de très loin PowerAmp, N7 Player et Spotify) pour synchroniser la musique téléchargée sur sa montre et, encore pire, on ne peut même pas choisir laquelle. Là je crois franchement halluciner. Je tombe dans un monde encore pire que ce qu’Apple aurait pu faire. Apple m’aurait certainement forcé à passer par iTunes ou une horreur du genre, un truc bien fermé, bien propriétaire. Mais Apple m’aurait laissé choisir quelle musique synchroniser, Apple aurait développé ceci en pensant premièrement à l’utilisateur et sa manière d’interagir avec l’appareil. Ici on a un truc, un machin ignoble qui ressemble plus à une fonction ajoutée en dernière minute par un programmeur haïssant la race humaine et complotant au fond de sa cave.

Et, finalement, pour couronner le tout, la connexion Bluetooth entre la montre et mon téléphone semble assez aléatoire. Il arrive régulièrement que la connexion s’arrête, puis revienne, ou ne revienne pas auquel cas je dois soit rebooter la montre soit couper et ré-enclencher bluetooth sur mon smartphone.

Bref, je me dis : j’ai une montre dont deux des fonctionnalités principales la différenciant des autres sont inutilisables. Cela se termine comment ce genre d’histoire ? Montre revendue direct en deuxième main, et ouf, juste avant que le prix ne soit carrément sacrifié sur Amazon, quasi 100€ de moins neuf que ce que je l’avais achetée. Ouuuuuuuuf… Bon, au revoir Sony. Non, adieu.

LG G Watch R

Comme on dit : il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Si, pour moi, Sony a mal positionné et mal supporté son produit, cela ne veut pas pour autant dire que Android Wear n’est pas bon. Cette petite expérience m’aura également fait un peu douter sur le design rectangulaire des montres connectées qui leur donne un aspect un peu “brique” ou massif. Décidé de repartir vers une montre avec un écran circulaire, j’avais le choix entre la Moto 360 et la LG G Watch R. Mon choix s’est porté sur la dernière car Moto a choisi de couper l’écran de sa montre sur le bas histoire d’y insérer un capteur de lumière ambiante, ce qui est fort regrettable. LG a également choisi de supporter les bracelets de montre standards ce qui rend l’échange très simple et moins onéreux. Je dois cependant dire que le bracelet de cuir de la montre LG GW R est fort agréable. Mais c’est toujours mieux de savoir que l’on peut changer facilement. Une promo en période pré-Noël sur Amazon, 60€ de moins que le prix normal, m’aura décidé à cliquer sur le bouton “commander”.

Ici, plus de “gadget” à la sauce Sony. Pas de support de mp3 directement sur la montre. Pas de GPS intégré dans la montre. Mais un écran extrêmement agréable en P-OLED ce qui signifie que le noir est vraiment noir avec un ratio de contraste incroyable. D’après ce que j’ai lu sur internet, elle dure plus longtemps sur batterie que le Moto 360. Elle est également moins épaisse. Si on aime les montres “sportives”, la LG G Watch R correspond à ce look et il n’est pas impossible, dépendant du “watch face” que vous utiliserez, de la confondre avec une “vraie” montre.

Jusqu’ici je n’ai aucun problème de connexion bluetooth tel que j’avais pu en avoir avec la Smartwatch 3. La connexion est solide et constante. Je tiens entre 2 et 3 jours entre chaque charge, charge qui par ailleurs ne prends qu’une bonne heure. Un petit regret cependant, car il en faut bien : pourquoi diable la montre revient-elle systématiquement à la date du 1er janvier à 1h après chaque redémarrage ? En effet, j’arrête la montre en allant me coucher, ce qui me force donc le matin à rebrancher la montre avec le smartphone pour avoir l’heure juste. Cela prends 2 secondes, mais c’est un peu ennuyant. La Sony SmartWatch 3 n’avait pas ce petit défaut.

Et donc ?

Sincèrement, mon niveau de satisfaction vis à vis d’Android Wear a clairement augmenté grâce à cette LG. Je ne suis plus tenté de remettre ma Pebble. J’apprécie énormément le fait de pouvoir changer de face de montre selon mes envies ou humeurs, celles-ci étant souvent très agréables à regarder. Pouvoir discrètement jeter un coup d’oeil à sa montre plutôt que de sortir son smartphone lorsque l’on est au ciné, au resto, en réunion est très appréciable. Android Wear s’améliore au fil des releases, le fait par exemple de ne plus voir une notification sur son téléphone une fois que l’on a supprimé la notification correspondante sur sa montre est agréable, ainsi que le fait de pouvoir facilement, sous Android Wear 5, gérer quelles notifications peuvent apparaître ou non. Si la LG est IP67, c’est à dire qu’elle pourra tenir plus ou moins une heure sous 1 mètre d’eau, elle n’est pas pour autant étanche, donc vous ne pourrez aller surfer ou nager avec elle. C’est sans doute, outre la durée de vie sur batterie, la seule chose que je regrette vis à vis de la Pebble.

Je reste par contre assez dubitatif sur la commande vocale au travers de la montre. Si elle est pratique lorsque vous êtes au volant et voulez envoyer un texto ou prendre une note pour ne pas oublier quelque chose, je me vois très mal parler à ma montre en plein resto, en réunion ou même dans la rue. Ou hurler sur ma montre en plein concert. Non, je ne m’appelle pas Dick Tracy. Mais ça, c’est le même “soucis” si vous utilisez Google Now sur votre smartphone, ou Siri sur votre iPhone.

A propos d’iPhone, n’oubliez pas si vous en avez un qu’Android Wear ne fonctionne pas avec ce système; vous devrez donc jeter votre dévolu sur une Pebble ou attendre la montre connectée d’Apple qui elle, ne fonctionnera pas avec les smartphones Android.

Peut-on pour autant dire qu’Android Wear est une solution “grand public” ? J’ai un petit doute. Ce genre d’appareil me semble rester un (très joli) gadget pour afficionados de la technologie. Il n’est en rien indispensable. Il apporte un écran déporté, mais rien de transcendantalement neuf, ie rien ou pas grand chose que vous ne faites déjà avec votre smartphone. Je reste fort curieux de découvrir ce qu’Apple lancera cette année sur le marché dans ce domaine, sans doute plutôt dans le domaine des types de capteurs intégrés à sa future montre, même s’il y a clairement beaucoup trop de spéculations et de rêves éveillés dans la blogosphère à ce sujet.

 


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Smartwatch : la montre Pebble vaut-elle le coup ?

Commençons cette article par une petite définition de ce que’est une “SmartWatch”. Je ne vais pas la sortir de mon pouce le boulot étant déjà fait sur Wikipedia :

Une smartwatch, littéralement « montre intelligente », est une montre bracelet informatisée avec des fonctionnalités allant au-delà du simple chronométrage, présentant des caractéristiques comparables à celles d’un PDA. Alors que les premiers modèles, apparus dans les années 1980, étaient capables d’effectuer des tâches de base comme les calculs, l’agenda-planning puis les traductions ou les jeux, les smartwatches modernes sont devenues des ordinateurs à part entière. Certaines smartwatches peuvent exécuter des applications mobiles, fonctionnent sur un système d’exploitation mobile, ou encore proposent des fonctions de téléphonie mobile. Parmi les autres applications courantes, on trouve la lecture de fichiers audio ou vidéo, la réception radio FM, la connectivité Bluetooth, etc.

Cela fait des mois que la presse ou les sites web technophiles nous parlent des objets connectés et en particulier de ce que l’on pourrait appeler les “second screen devices”. Que ce soit au travers d’articles sur Google Glass, des spéculations sur une montre intelligente venant d’Apple, l’annonce jusqu’ici peu triomphale de la Samsung Galaxy Gear, de campagnes de “crowd funding” particulièrement couronnées de succès telles que pour la montre Pebble, nous pouvons voir se développer de plus en plus cette tendance vers des “objets compagnons” de nos smartphones nous rendant certaines de leurs interactions moins envahissantes, plus discrètes ou plus rapides.

Qu’est-ce que la montre Pebble

La montre Pebble est une montre connectée, ie qui peut se connecter via bluetooth (2.1) à un smartphone iOS ou Android. Elle dispose d’un écran e-ink noir et blanc (que l’on peut assimiler au concept de papier électronique un peu comme sur une liseuse) lui garantissant une basse consommation par rapport aux smartwatches basées sur des écrans OLED et une très bonne lisibilité sous toute condition lumineuse. Un rétro-éclairage peut être activé par pression de bouton ou par simple mouvement du poignet.

De base, une Pebble vous offrira les fonctionnalités suivantes :

  1. heure avec possibilité de changer le type d’affichage (analogique, digital, texte, etc). Il est possible de rajouter ses propres “watch faces”, j’y reviendrai plus bas
  2. alarme
  3. notifications : notifications textuelles sur votre montre lorsque vous recevez un SMS, un email, un coup de fil ou update Facebook. Vous pouvez réellement lire vos SMS ou emails sur votre montre. Il est possible d’étendre les notifications à de nombreuses autres applications par ajout d’un petit soft sur votre smartphone Android (j’ose espérer que la même chose est possible sur iOS)
  4. contrôler votre musique : play/pause/forward/… Très pratique pour changer de morceau lorsque votre smartphone est dans votre poche
  5. fitness : si vous utilisez l’appli “runkeeper” sur votre smartphone, vos stats seront directement affichées sur la Pebble en cours d’exercice

La Pebble est étanche (5 ATM) et tiendra entre 5 et 7 jours en moyenne par charge. Le chargement se fait par un câble fourni à la “sauce mac”, ie connecteur magnétique du côté de la montre et USB de l’autre.

Pourquoi j’ai choisi la Pebble

Affichage et “Pebble faces”

La majorité des montres “intelligentes” que j’ai pu voir ces derniers années ressemblaient soit à des briques attachées à votre poignet, ou avaient une longévité sur batterie ne dépassant pas la journée. Ce qui m’a particulièrement séduit avec la Pebble, c’est tout d’abord son écran, et la possibilité de customiser sa montre à souhait. Vous avez envie d’un montre avec aiguilles classique, sobre, pas de soucis. Vous préférez un affichage digital ? Pas de soucis. Vous préférez un mode texte, comme “cinq heures cinquante et une” ? Pas de soucis. Vous aimez les montres plus cryptiques à lire, genre affichages à la Tokyoflash ? Pas de soucis. Je  change selon mes envies, selon les endroits ou personnes que je fréquente.

Exemples de "watch faces" pour Pebble

Exemples de “watch faces” pour Pebble

Différents sites web vous proposent des “faces” à gogo à télécharger, comme par exemple mypebblefaces.com, ou encore de créer en quelques clics votre propre montre, comme le site Watchface Generator.

Les apps

Par défaut vous devrez installer l’application “Pebble” sur votre téléphone; elle permet simplement de lier les 2 engins entre eux, de faire des mises à jour du firmware de la montre, de définir quelles applis (SMS, email, …) enverront des notifications vers la Pebble ou encore d’installer et supprimer les watch faces ou apps dont vous n’avez plus besoin sur la Pebble-même.

Outre les watch faces, vous pourrez ajouter des fonctionnalités supplémentaires à votre couple smartphone/Pebble grâce à une bibliothèque toujours grandissantes d’applis sur l’AppStore ou Google Play Store. Pebble Notifier par exemple vous permettra d’étendre les notifications de votre smarphone sur la Pebble a quasi toute appli tournant sur Android. Glance for Pebble vous permettra d’avoir un affichage sur la Pebble en continu de la météo, nombre de SMS et email non lus, etc. D’autres de déclencher via la Pebble une prise de photos via votre smartphone, de voir votre vitesse et nombre de kilomètres parcouru en vélo, de lancer des tâches définies dans Tasker, d’afficher votre calendrier/agenda, de…., de…. bref, la liste est longue et se relonge au fur et à mesure du temps qui passe.

Consommation et utilisation non connectée

J’ai eu une montre Sony SmartWatch il y a 2 ans, c’était une horreur. Obligé de la recharger tous les jours, et impossible de l’utiliser si elle n’était pas connectée à mon téléphone. Pas de soucis avec la Pebble, comme je l’ai dit plus haut elle tient jusqu’à 1 semaine entre les charges, et si ne voulez plus être perturbé par les notifications vous pouvez sans soucis la déconnecter de votre smartphone.

Pour une durée de vie max entre charges, il n’y a pas de secrets : couper bluetooth sur la montre quand vous n’en avez pas besoin, éteignez-la le soir avant de vous coucher (tout comme votre téléphone, ce n’est pas bon de dormir avec un four à micro-ondes à côté de la tête…) et dans ma mesure du possible évitez ou limitez l’utilisation de watch faces fort consommatrices, genre avec animation toutes les secondes.

Des défauts ?

Un produit sans défauts étant théoriquement impossible à réaliser, voici ma petite liste de doléances :

  1. interférences bluetooth avec le car kit standard de ma voiture : si l’appli Pebble est en route sur mon smartphone, j’ai un mal de chien à lier le smartphone avec le car kit de ma voiture. Soit ils ne se connectent tout simplement pas quelles que soient les tentatives, soit la connexion s’établit puis se coupe puis se rétablit et ainsi de suite. Cela ne semble, d’après le forum Pebble , ne pas être le cas pour tous les car kits, et à vrai dire chipoter avec sa Pebble au volant c’est de toute façon dangereux. Mais le manque de réaction de Pebble quant à ce problème malgré de très nombreux témoignages est gênant. Ce n’est pas la montre qui semble en cause, mais vraiment l’appli officielle Pebble sur le smartphone.
  2. Une semaine entre charges au max, c’est déjà très bien. Un peu plus, cela aurait vraiment été très chouette. Cela aurait été sympa d’adopter la norme Bluetooth Low Energy (un subset du standard Bluetooth 4) plutôt que 2.1. Il semble cependant que ceci soit dû à certains profils bluetooth non disponibles en bluetooth low energy (MAP, AVRCP, HFP) et nécessaires pour les services de notifications.
  3. Mémoire : les pebble faces, on est vite tenter de vouloir en tester des tas. Il faudra faire le ménage régulièrement et supprimer celles qui sont les moins utilisées, j’ai déjà été bloqué vers 12-13 faces.
  4. Pebble ne semble pas tenir ses promesses quant aux applis sportives compatibles. Runkeeper c’est déjà bien, mais beaucoup d’entre nous en utilise d’autres comme Runtastic ou Endomondo ou…
  5. Je cherche, je cherche….
  6. Bah, allez, certains diront qu’ils n’aiment pas le design. Justement moi je l’aime bien, donc hop, on retire ce point.

En conclusion

J’adore cette montre ! Elle correspond tout à fait à mes attentes et usages. Les watch faces sont vraiment géniales et me permettent de changer de look sans changer de montre (demandez à mes parents combien j’ai eu de montres depuis mon plus jeune âge…). En réunion au bureau ou en clientèle, elle me permet de discrètement refuser un appel ou de voir toute notification reçue sur mon smartphone. Bref, si c’est également cela que vous recherchez : foncez !

Si vous cherchez une montre qui fait la vaisselle, le ménage, qui sortirait les poubelles ou qui remplacerait intégralement votre smartphone, passez votre chemin 😉