J'ai testé pour vous

Petit partage d'expériences de geek


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Les montres Android Wear sont-elles une solution grand public

Dans un article précédent, je vous avais parlé de la montre connectée Pebble. Les mois passant, celle-ci n’est plus unique sur le marché, de nombreux constructeurs ayant rejoint le train des objets connectés se reliant à nos smartphones pour offrir de nouvelles manières de consommer de l’information ou d’interagir avec le continent numérique. Google n’est pas le moindre de ces acteurs, et avait annoncé en mars 2014 la sortie d’une nouvelle plateforme pour objets connectés, principalement des montres “intelligentes”, appelée “Android Wear”. Plutôt que de vouloir implanter un système Android complet dans une montre, le système Android Wear de Google est centré sur l’affichage de sortes de cartes d’informations, telles qu’on les trouve sur Google Now. Android Wear est par ailleurs fortement axé sur les commandes vocales, à nouveau telles qu’on les retrouve dans Google Now. Par exemple “envoie un SMS à Bernard je serai en retard à la réunion” ou “mets une alarme pour 7h30”. Ce système de cartes permet d’afficher des notifications (emails et SMS reçus, alarmes, météo, votre fréquence cardiaque si la montre le supporte, le nombre de pas fait au cours la journée telle un bracelet FitBit ou autre) et s’enrichit via l’ajout d’applications tierces que l’on trouve dans le Google Play Store. Par exemple, si vous utilisez Runkeeper ou Runtastic lorsque vous allez courir ou faire du vélo, vous pourrez voir vos données d’activités sur votre montre plutôt que devoir sortir votre smartphone de sa housse.

Fidèle à son approche, Google n’a pas construit de montre connectée basée sur son système, mais délègue à des fabricants tels Motorola, LG, Sony, Samsung, Asus etc. De par son système de licence similaire au système Android, même vous pourriez construire votre propre montre Android Wear. Les montres actuellement vendues par ces fabricants sont relativement similaires au niveau de leur caractéristiques, même si dans le détail on trouvera des variations (type d’écran, taille de batterie, etc) : on y trouvera un écran tactile permettant d’interagir avec la montre sans utiliser la voix, un micro mais pas de haut parleur, et des capteurs divers allant du gyroscope et accéléromètres au capteur de lumière et capteur de rythme cardiaque. La connexion avec le smartphone, exclusivement tournant sous Android 4.3 ou supérieur, se fait en bluetooth. Nous voyons ici une première grosse différence avec la montre Pebble qui peut se connecter tant avec des iPhones qu’avec Android. Google construit donc son écosystème et en cela se rapproche fort d’Apple. Pas trop étonnant à vrai dire.

De gauche à droite : Motorola Moto 360, Asus ZenWatch, LG G Watch R, Sony Smartwatch 3

De gauche à droite : Motorola Moto 360, Asus ZenWatch, LG G Watch R, Sony Smartwatch 3

Dans l’esprit de ce blog, je n’annonce pas ici une nouveauté, Android Wear étant sur le marché depuis de nombreux mois. J’ai par ailleurs “attendu” le dernier trimestre de l’an passé avant de me jeter dans le bain et tester ces petits joujous, le temps de faire passer l’une ou l’autre mise à jour du système et de laisser les fabricants faire leurs premiers essais. J’ai testé deux montres, la Sony SmartWatch 3 et la LG G Watch R et vais vous livrer ci-dessous mes impressions, tant positives que négatives.

Sony SmartWatch 3

Si j’ai décidé de me jeter dans le bain d’Android Wear avec la Sony SmartWatch3, c’est que celle-ci semblait être la plus complète et aboutie au niveau de ses spécifications : une “grande” batterie, une mémoire de 8GB pour stocker de la musique et donc pouvoir se passer de son smartphone, un GPS intégré… Tout semblait donc bien parti.

Au déballage, on charge la batterie, l’écran s’allume… Joie, l’écran est très joli. Les couleurs sont flash, lumineuses et contrastent fort avec le monochrome type e-ink de Pebble. On le paiera à l’autonomie bien entendu, car si je n’avais aucun soucis pour tenir 4, 5 voir 6 jours avec ma Pebble sans devoir la recharger, les montres Android Wear devront revenir s’alimenter tous les jours ou deux jours suivant votre utilisation. Il faudra penser à un chargeur USB mural double, histoire de charger votre smartphone et montre en même temps. Pour le coup, j’avais commandé ce chargeur Inatek sur Amazon et ne le regrette aucunement : 2,4 ampères sur une fiche pour mon HTC One, et 1 ampère sur l’autre pour la montre ou le smartphone de ma compagne.

La montre ne fonctionnera pas tant qu’elle n’aura pas été connectée à votre Smartphone via l’application Android Wear. Aucun soucis de ce côté-là, la SmartWatch3 est reconnue rapidement, l’heure se synchronise et un petit tutoriel se déroule sur la montre pour expliquer le fonctionnement de ces fameuses “cartes”. Une petit vidéo ci-dessous pour vous montrer le principe :

Comme sur toutes les montres Android Wear, vous pouvez choisir différents type de “watch faces”, en gros à quoi ressemble la montre pour afficher l’heure. Chaque constructeur vient avec ses propres faces et franchement la SmartWatch 3 est un peu tristounette de ce côté. On trouvera rapidement des applications tel l’excellent “Watchmaker” pour palier à celà, vous permettant de créer vos propres faces de montre ou d’en télécharger à profusion sur le site facerepo.com. Vous ne serez pas étonné d’y trouver des répliquas de montres de marques, genre Breitling, Panerai, Citizen,… (ce qui a valu et vaut toujours quelques lettres de type “cease and desist” aux sites hébergeant ces fichiers de la part des fabricants concernés) mais aussi et heureusement des créations plus originales tirant parti de l’univers numérique auquel ces montres sont connectées).

Ce qui m’emmène à parler des applications pour Android Wear, que l’on installe via le Play Store à partir de son smartphone et qui se synchronisent ensuite avec votre montre Android Wear. C’est un processus un peu étrange, à vrai dire. Aucun log ou message sur votre téléphone, via par exemple l’appli Google Android Wear, pour vous signaler que l’appli s’est bien synchronisée. Hors ceci peut prendre quelques fois du temps, n’oublions pas que l’on est en bluetooth, pas en wifi. Que dire aussi d’applis pour lesquelles le “compagnon” sur la montre disparaît après quelques jours ? Il faudra passer par une option permettant de forcer la synchronisation des apps dans Android Wear sur votre smartphone pour corriger cela. Et dans certains cas, il faudra carrément désinstaller l’appli sur votre smartphone et la réinstaller pour qu’elle réapparaisse sur votre montre (je n’ai eu ce soucis qu’avec l’appli “Bearing“, un très joli compas électronique, pour être honnête, mais bon…). OK, on va dire que l’on est encore dans la première année de vie d’Android Wear, mais espérons que Google améliore un peu cet aspect avec le temps.

Première énorme déception avec la SmartWatch 3 : aucune fonction standard ne supporte le GPS intégré dans la montre. Encore plus fort, et franchement totalement risible, l’application “Sony Lifelog” ne supporte même pas la Sony SmartWatch 3. Suite à une mise à jour fin octobre, euréka, on peut synchroniser les nombres de pas faits pendant la journée que la montre a tenté de dériver des capteurs tels que gyro et accéléromètres mais toujours pas de support du GPS. Et des applications de sport telles que Runkeeper, Runtastic etc ignorent parfaitement ce GPS intégré aussi. Je n’ai finalement trouvé que Google My Tracks qui me permette d’enregistrer un trajet de manière autonome avec ma montre puis de synchroniser ce parcours avec l’appli correspondante sur mon smartphone. J’insiste vraiment sur ô combien ceci est risible de la part de Sony, qui a positionné cette montre comme “le compagnon des sportifs”.

Deuxième grosse déception, le support des mp3 sur la montre elle-même. C’est une des raisons principales de mon choix pour la SmartWatch 3. J’imaginais qu’il suffirait de brancher la montre sur mon PC via le câble USB pour y transférer la musique. Cela parait simple, logique et efficace. Hé bien non. Dans un premier temps je ne trouve aucune info pour savoir comment faire. Et rien sur le site de Sony. Ben non, ce serait trop facile. Finalement au bout de 2 ou 3 semaines apparaît une mise à jour d’Android Wear annonçant le support pour les montres telles la SmartWatch3 qui permettent de stocker de la musique. Euréka me dis-je !! Hé bien non. En gros, il faut passer par Google Play Music sur le smartphone (que je n’utilise pas, lui préférant de très loin PowerAmp, N7 Player et Spotify) pour synchroniser la musique téléchargée sur sa montre et, encore pire, on ne peut même pas choisir laquelle. Là je crois franchement halluciner. Je tombe dans un monde encore pire que ce qu’Apple aurait pu faire. Apple m’aurait certainement forcé à passer par iTunes ou une horreur du genre, un truc bien fermé, bien propriétaire. Mais Apple m’aurait laissé choisir quelle musique synchroniser, Apple aurait développé ceci en pensant premièrement à l’utilisateur et sa manière d’interagir avec l’appareil. Ici on a un truc, un machin ignoble qui ressemble plus à une fonction ajoutée en dernière minute par un programmeur haïssant la race humaine et complotant au fond de sa cave.

Et, finalement, pour couronner le tout, la connexion Bluetooth entre la montre et mon téléphone semble assez aléatoire. Il arrive régulièrement que la connexion s’arrête, puis revienne, ou ne revienne pas auquel cas je dois soit rebooter la montre soit couper et ré-enclencher bluetooth sur mon smartphone.

Bref, je me dis : j’ai une montre dont deux des fonctionnalités principales la différenciant des autres sont inutilisables. Cela se termine comment ce genre d’histoire ? Montre revendue direct en deuxième main, et ouf, juste avant que le prix ne soit carrément sacrifié sur Amazon, quasi 100€ de moins neuf que ce que je l’avais achetée. Ouuuuuuuuf… Bon, au revoir Sony. Non, adieu.

LG G Watch R

Comme on dit : il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Si, pour moi, Sony a mal positionné et mal supporté son produit, cela ne veut pas pour autant dire que Android Wear n’est pas bon. Cette petite expérience m’aura également fait un peu douter sur le design rectangulaire des montres connectées qui leur donne un aspect un peu “brique” ou massif. Décidé de repartir vers une montre avec un écran circulaire, j’avais le choix entre la Moto 360 et la LG G Watch R. Mon choix s’est porté sur la dernière car Moto a choisi de couper l’écran de sa montre sur le bas histoire d’y insérer un capteur de lumière ambiante, ce qui est fort regrettable. LG a également choisi de supporter les bracelets de montre standards ce qui rend l’échange très simple et moins onéreux. Je dois cependant dire que le bracelet de cuir de la montre LG GW R est fort agréable. Mais c’est toujours mieux de savoir que l’on peut changer facilement. Une promo en période pré-Noël sur Amazon, 60€ de moins que le prix normal, m’aura décidé à cliquer sur le bouton “commander”.

Ici, plus de “gadget” à la sauce Sony. Pas de support de mp3 directement sur la montre. Pas de GPS intégré dans la montre. Mais un écran extrêmement agréable en P-OLED ce qui signifie que le noir est vraiment noir avec un ratio de contraste incroyable. D’après ce que j’ai lu sur internet, elle dure plus longtemps sur batterie que le Moto 360. Elle est également moins épaisse. Si on aime les montres “sportives”, la LG G Watch R correspond à ce look et il n’est pas impossible, dépendant du “watch face” que vous utiliserez, de la confondre avec une “vraie” montre.

Jusqu’ici je n’ai aucun problème de connexion bluetooth tel que j’avais pu en avoir avec la Smartwatch 3. La connexion est solide et constante. Je tiens entre 2 et 3 jours entre chaque charge, charge qui par ailleurs ne prends qu’une bonne heure. Un petit regret cependant, car il en faut bien : pourquoi diable la montre revient-elle systématiquement à la date du 1er janvier à 1h après chaque redémarrage ? En effet, j’arrête la montre en allant me coucher, ce qui me force donc le matin à rebrancher la montre avec le smartphone pour avoir l’heure juste. Cela prends 2 secondes, mais c’est un peu ennuyant. La Sony SmartWatch 3 n’avait pas ce petit défaut.

Et donc ?

Sincèrement, mon niveau de satisfaction vis à vis d’Android Wear a clairement augmenté grâce à cette LG. Je ne suis plus tenté de remettre ma Pebble. J’apprécie énormément le fait de pouvoir changer de face de montre selon mes envies ou humeurs, celles-ci étant souvent très agréables à regarder. Pouvoir discrètement jeter un coup d’oeil à sa montre plutôt que de sortir son smartphone lorsque l’on est au ciné, au resto, en réunion est très appréciable. Android Wear s’améliore au fil des releases, le fait par exemple de ne plus voir une notification sur son téléphone une fois que l’on a supprimé la notification correspondante sur sa montre est agréable, ainsi que le fait de pouvoir facilement, sous Android Wear 5, gérer quelles notifications peuvent apparaître ou non. Si la LG est IP67, c’est à dire qu’elle pourra tenir plus ou moins une heure sous 1 mètre d’eau, elle n’est pas pour autant étanche, donc vous ne pourrez aller surfer ou nager avec elle. C’est sans doute, outre la durée de vie sur batterie, la seule chose que je regrette vis à vis de la Pebble.

Je reste par contre assez dubitatif sur la commande vocale au travers de la montre. Si elle est pratique lorsque vous êtes au volant et voulez envoyer un texto ou prendre une note pour ne pas oublier quelque chose, je me vois très mal parler à ma montre en plein resto, en réunion ou même dans la rue. Ou hurler sur ma montre en plein concert. Non, je ne m’appelle pas Dick Tracy. Mais ça, c’est le même “soucis” si vous utilisez Google Now sur votre smartphone, ou Siri sur votre iPhone.

A propos d’iPhone, n’oubliez pas si vous en avez un qu’Android Wear ne fonctionne pas avec ce système; vous devrez donc jeter votre dévolu sur une Pebble ou attendre la montre connectée d’Apple qui elle, ne fonctionnera pas avec les smartphones Android.

Peut-on pour autant dire qu’Android Wear est une solution “grand public” ? J’ai un petit doute. Ce genre d’appareil me semble rester un (très joli) gadget pour afficionados de la technologie. Il n’est en rien indispensable. Il apporte un écran déporté, mais rien de transcendantalement neuf, ie rien ou pas grand chose que vous ne faites déjà avec votre smartphone. Je reste fort curieux de découvrir ce qu’Apple lancera cette année sur le marché dans ce domaine, sans doute plutôt dans le domaine des types de capteurs intégrés à sa future montre, même s’il y a clairement beaucoup trop de spéculations et de rêves éveillés dans la blogosphère à ce sujet.

 

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Timelapse et hyperlapse : le temps en accéléré

Sans doute avez-vous déjà vu des vidéos sur youtube, ou des séquences dans des films, reportages ou clips vidéos dans lesquels le temps semble passer en accéléré : le soleil se couche en 6 secondes, les étoiles balayent le ciel en quelques minutes, les nuages filent furieusement dans le ciel comme chassés par un vent extrêmement violent. Ces séquences vidéos sont communément appelées “time-lapse” ou “espace de temps” ou encore “accéléré” dans notre belle et riche langue.

Voici un petit exemple, un montage de différents time-lapses que j’ai réalisé cet été dans le Val d’Aoste en Italie :

Le “roi” du time lapse est pour moi Tom Lowe, c’est clairement lui qui m’a donné l’envie de m’essayer à cette technique. Voici un exemple de ses productions, que je vous fait démarrer directement un peu plus loin dans le clip juste histoire de baver d’envie et d’ébahissement devant ses séquences nocturnes  :

Vous aurez sans doute remarqué une différence entre mon clip et celui de Tom Lowe (outre le côté artistique et professionnel, mais bon, passons) : dans mon clip, le point de vue est fixe, alors que chez Tom Lowe la caméra se déplace pendant la séquence. Nous touchons ici à la différence principale entre time-lapse et hyper-lapse.

Qu’est-ce qu’un timelapse ?

Lorsque nous tournons une séquence vidéo avec notre caméra, smartphone ou appareil photo, typiquement ces appareils vont enregistrer 24, 25 ou 30 images par secondes selon le standard vidéo pour lequel ils auront été paramétrés. Certaines caméras grand public peuvent même enregistrer à 50, 60 voire 120 ou même 240 images par seconde (comme la GoPro Hero3+ Black Edition par exemple). Lorsque nous rejouons ces images sur notre TV ou PC, tel un praxinoscope c’est la persistance rétinienne dans la succession d’images qui nous donne l’impression d’un mouvement fluide et continu. La norme du 24 images/seconde vient du cinéma sur pellicule argentique. Filmer à 50 ou 60 voire 240 images/secondes est généralement utilisé pour pouvoir obtenir des effets de ralenti extrêmement fluide. C’est simple, si je ralentis de moitié la vitesse d’une séquence tournée à 24 images/secondes j’obtiens un matériel brut à 12 images par seconde qui paraîtra donc saccadé. Même si je remonte le tout dans Adobe Premiere ou autre soft de montage sur une séquence à 24 images/seconde, ce soft ne pourra bien évidement pas réellement reconstituer le mouvement entre chaque image. Si par contre je pars d’une séquence à 240 images/seconde, je pourrai ralentir jusqu’à 10 fois cette séquence dans un montage fait à 24 images/seconde, et mon ralenti sera toujours extrêmement fluide. Allez, un petit exemple pour le plaisir des yeux :

Et le time-lapse dans tout ça ? C’est simple, c’est exactement l’inverse ! Plutôt que de chercher à ralentir le temps en prenant plus d’images par seconde, nous allons chercher à l’accélérer en prenant moins d’images par seconde. Nous devrons aussi faire un peu de mathématiques… Par exemple, en comptant que je veuille filmer un beau coucher de soleil qui mettra 15 minutes à se coucher et que mon désir est d’obtenir une séquence de 10 secondes en final à 24 images/secondes, je devrai prendre une image toutes les 3,75 secondes. Ceci nous emmène aussi à changer d’équipement ! Là où pour ralentir une séquence vidéo je vais capturer la séquence source avec une caméra, pour le time-lapse je vais donc utiliser… un appareil photo ! Le time-lapse est donc un procédé demandant un peu plus de travail de post-production. En effet, dans mon exemple ci-dessus je vais me retrouver avec 240 photos (15 min = 900 secondes et 900 secondes divisé par 3,75 = 240) et je n’ai donc pas encore de séquence vidéo en main. Les plus chanceux d’entre nous utiliserons Adobe Premiere ou Adobe After Effects pour recomposer toutes ces images en une séquence vidéo et en profiteront au passage pour ajouter quelques filtres (couleurs, etc), recadrages et autres manipulations. Sur Mac, vous pourrez utiliser iMovie assez facilement, sur Windows vous pourrez vous appuyez sur Movie Maker et sous Linux/Ubuntu des solutions existent également.

Revenons un instant au matériel nécessaire. Si vous devez prendre une photo toutes les x secondes, il vous faudra un appareil avec une fonction “intervalomètre”, via laquelle l’appareil prendra une photo automatiquement à chaque intervalle défini (toutes les secondes, 3 secondes, 5 secondes, etc). Si vous avez une caméra GoPro ou Mobius, vous êtes parés mais, dans le cas de la GoPro ont souffira d’un effet fisheye dans les photos un peu indésirable. Cela demandera un peu plus de post production pour “aplatir” les images avant de les assembler. En général les appareils numériques de type “reflex” ont cette fonction “intervalomètre”, ainsi que divers appareils “point and shoot” ou “compact”. Pour une bonne stabilité du rendu final il ne faudra surtout pas oublier de poser l’appareil photo sur un pied ! Je conseille fortement les pieds “GorillaPod” qui permettent de poser l’appareil un peu partout, y compris attaché à une branche d’arbre ou sur la rambarde d’une terrasse.

Il existe encore plus simple. Prenons par exemple les appareils photos Sony RX100 MK3, ou Sony Alpha 6000. Sur ces appareils vous pourrez installer des applications, appelées “Playmemories Camera App” ajoutant diverses fonctionnalités aux appareils mentionnés plus haut. Une de ces applications permet tout simplement de créer des timelapses de manière assez élaborée, dont des modes spécifiques pour lever et coucher de soleil, ciel nuageux et même un mode “miniature” également défini comme effet “tilt shift” !

Et si vous n’avez pas ce genre d’appareil photo, mais “juste” un smartphone ? Pas de soucis, vous pourrez également vous lancer dans le monde des time-lapses car de nombreuses applications existent en ce domaine. Ma favorite, sur Android, est “Lapse It Pro“, qui existe aussi sous iOS pour les iPhones/iPods/iPads. Une petite recherche dans votre appstore/playstore vous retournera de nombreux résultats, essayez les !! Un petit mot pour vous rappeler que le remboursement d’apps payantes sous Android est maintenant passé à 2 heures… ce qui donne très largement le temps d’essayer les apps payantes de qualité. Tout comme pour un appareil photo, vous chercherez à disposer votre smartphone sur un pied ou support afin d’éviter tout mouvement entre les prises de vue. Petit conseil : si vous avez un ami qui dispose d’une imprimante 3D, jetez un petit coup d’oeil sur Thingiverse… Exemple d’un support paramétrable pour smartphone.

Et les hyperlapses alors ?

Comme mentionné dans l’introduction de cet article, un hyperlapse est à la base un time-lapse dans lequel la caméra elle-même est en mouvement. Prenons l’exemple ci-dessous :

Pour réaliser cette séquence, j’ai utilisé une caméra GoPro en mode intervalomètre et… une minuterie de cuisine (un peu bidouillée). La caméra est montée sur la minuterie, qui est réglée sur 60 minutes. La minuterie tourne sur elle-même avec le temps, et fait donc un 360° complet en une heure, ou 180° en 30 minutes. Vous pouvez facilement vous construire ce genre d’accessoire, avec une minuterie Ikea. Vous pourrez également acheter ce genre d’accessoire “tout fait”, comme un Camalapse par exemple, mais vous en payerez le prix.

Dans cet exemple nous sommes limité à un mouvement sur un seul axe, et tournant toujours dans le même sens. Lorsque vous regardez des vidéos de Tom Lowe par exemple, vous y trouverez de beau travelings, des mouvements sur 2 ou 3 axes. C’est à partir d’ici qu’il vous faudra un large portefeuille, ou des dons de bricoleur. Il faut, en gros, un ou des systèmes sur lesquels monter votre caméra et pour lesquels vous pourrez préprogrammer un ou des mouvements à effectuer. Bien sûr vous pouvez également faire tout cela à la main, j’y reviendrai, mais cela demande pas mal de précision.

Les supports caméras automatiques

Quelques exemples jolis gadgets et autres solutions pour se donner envie :

  • Motrr Galiléo : un support “robotisé” pour iPhone, contrôlé par un autre iPhone/iPod/iPad, permettant une programmation sur plusieurs axes. Mottr avait promis un support pour GoPro mais on attend toujours…
  • Trossen Robotics : une série de bras articulés programmable (arduino etc) permettant d’y fixer une caméra GoPro
  • Des chariots montés sur rails pour plus de mouvements et de très beaux travelings :
Et à la main ?

Pour les possesseurs de smartphones Apple, le plus simple et rapide aujourd’hui est d’essayer la nouvelle application “Hyperlapse” d’Instagram. Que les fans d’Android se rassurent, cette app devrait débarquer bientôt dans le Playstore. Cette app vous permettra de vous promener tranquillement avec smartphone, ou d’être assis dans votre voiture, avion ou autre engin en déplacement,  et produira une vidéo basée sur des captures d’images à intervalle régulier. Le truc “magique” de cette app est qu’elle stabilisera cette séquence d’images pour un rendu fluide qui ne saute pas dans tous les sens. C’est un processus qui demande normalement beaucoup de puissance de calcul, mais le “truc” d’Instragram est d’utiliser et d’enregistrer les déplacements de votre smartphone via les gyroscopes qui s’y trouvent toujours, et de corriger le placement des images sur base de ces infos. Un petit clip ci-dessous expliquant cela (en anglais, désolé) :

Pas encore disponible au large public, mais très prometteur est ce sujet de recherche sortant de chez Microsoft et permettant de réanalyser une séquence vidéo afin d’en générer un hyperlapse hyper stabilisé. Imaginez pouvoir convertir vos séquences vidéos tournées à partir de votre drone ou multicoptère, de votre vélo, etc !!

Avec un appareil photo (reflex ou compact), on pourra utiliser des systèmes de “mini stakeboard” aussi appelé “dolly” – que l’on trouve facilement à la FNAC ou Mediamarkt – pour des travelings souples, ou “simplement” un pied. Le “truc” sera de prendre chaque photo à une distance égale en prenant un repère au sol par exemple (se déplacer de 4 carrés entre chaque photo), à moins que l’on ne désire inclure des effets d’accélérations. Comme il sera quasi impossible d’avoir chaque cliché parfaitement aligné avec le précédent (l’appareil est un poil plus haut, a tourné de quelques petits degrés vers la droite ou la gauche, etc) il faudra procéder à pas mal de retouches sur ordinateur, y compris donc un réalignement parfait des photos. Je vous invite à regarder les 2 vidéos suivantes pour vous faire une idée…

 

J’espère que cet article vous aura démystifié ce que sont et comment produire des time-lapses et hyper-lapses, et vous aura donné une tonne d’idées créatrices et  quelques pistes pour vous lancer ! Alors…. à vos caméras et action !


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Test du Sony DSC-QX10 ou comment offrir 18 Mega pixels et un zoom optique 10x à votre smartphone

Aaaaaah, la course aux pixels sur les smartphones, on pourrait écrire des pages sur ce sujet, non ? Et les constructeurs de faire en sorte que l’on commence à tout mélanger. Est-ce que ce qui compte c’est d’avoir plus de pixels ou des capteurs avec moins de pixels mais plus de luminosité ? Est-il mieux de prendre une approche comme les UltraPixels du HTC One,  ou le capteur 41 Megapixels du Nokia Lumix 1020 ? Faut-il changer de smartphone juste parce que le nouveau modèle à plus de pixels ? Et si l’appareil photo pouvait être découplé du smartphone ? C’est l’approche que nous propose Sony avec son objectif à capteur intégré DSC-QX10.

Sony DSC-QX10

Sony DSC-QX10

Ce boitier est une caméra complète, incluant optique, capteur et stockage. Le DSC-QX10 peut être utilisé sans smartphone ni tablette, mais dans ce cas vous prendrez vos photos “à l’aveugle”, un peu comme sur une GoPro, ie sans voir ce que vous shootez. Le but principal est de l’associer à une smartphone voir même une tablette, ou vous utilisez ce smartphone pour voir ce que vous prenez en photo (ou ce que vous filmez en 1080p), d’effectuer divers réglages tels que le mode de photo choisi, etc. Voyons ci-dessous un peu comment tout ceci fonctionne.

 

 

DSC-QX10 attaché à un smartphone

DSC-QX10 attaché à un smartphone

Connexion au QX10

La batterie étant chargée, on installe une carte MicroSD ou Sony M2 dans le QX10. A l’allumage de celui-ci, un réseau wifi est créé par le QX10. Pour y connecter votre smartphone :

  1. s’il est équipé du NFC : vous scannez le QX10 avec votre smartphone, la connexion s’établit et le programme Sony Play Memories Mobile que vous aurez préalablement installé du Google Play Store ou de l’Apple AppStore est automatiquement démarré
  2. s’il n’est pas équipé du NFC : c’est plus fastidieux, vous devrez aller dans les réglages wifi de votre smartphone, sélectionner le réseau du QX10 puis rentrer le password wifi, puis enfin vous devrez démarrer Sony Play Memories.

Une fois connecté, vous pourrez alors attacher le QX10 au dos de votre smartphone via le clip fourni (taille maximale 75mm de large). Sony a par ailleurs annoncé la disponibilité prochaine d’un adapteur pour tablette, le SPA-TA1.

A noter que le QX10 dispose d’un support de fixation classique pour un pied ou tripod. La connexion wifi tiendra sur une distance d’une 20aine de mètres sans problèmes, donc rien ne vous interdit d’utiliser ce Gorillapod qui traîne dans votre tiroir pour fixer le QX10 à la branche d’un arbre ou tout autre point de vue intéressant et habituellement hors de portée d’un appareil “standard” pour des shots plus créatifs. De même, un QX10 posé en bout de table sur un simple trépied pour prendre des photos des invités peut donner des résultats assez cocasses.

QX10 avec Gorillapod

QX10 avec Gorillapod

Très bien, sauf que :

  • si le NFC facilite grandement le processus de connexion et de démarrage automatique du programme approprié, la procédure reste assez longue. Avec mon HTC One, je dois compter plus ou moins 15 secondes avant que tout ne soit opérationnel. Le QX10 n’est donc pas adapté pour le “point & shoot” rapide du style “je dégaine et je clique”.

Cadrer un sujet et mise au point

Le QX10 dispose d’un zoom optique stabilisé 10x. C’est certainement un des atouts majeurs de cette solution par rapport à l’utilisation de l’appareil photo intégré dans votre smartphone. Vous pourrez zoomer soit en utilisant les boutons W (wide) et T (Tele) sur l’appli Play Memories, soit en utilisant les boutons se situant sur le côté de QX10. Je trouve personnellement cette deuxième alternative plus pratique, car on a tendance à vite tenir l’ensemble objectif+smartphone par le QX10 lui-même.

La mise au point se fait soit sur le QX10 comme sur un appareil photo classique, ie en appuyant à mi-course sur le déclencheur, soit en touchant du doigt sur l’écran de votre smartphone la partie de la photo sur laquelle vous souhaitez que la mise au point se fasse. Lorsque le zoom est enclenché, et à fortiori quant il est au maximum, la stabilisation de l’image ne se fait que lors de la mise au point – il est alors bien plus pratique de pouvoir utiliser la mise au point via le déclencheur du QX10 et de continuer la course lorsque vous voulez déclencher la photo. Dans le cas où le QX10 serait fixé sur un trépied ou autre support fixe, ce problème de stabilisation sera totalement secondaire, l’appareil photo étant fixe.

Ecran principal de l'app Sony Play Memories Mobile

Ecran principal de l’app Sony Play Memories Mobile

Très bien, sauf que :

  • Il y a quelques fois du “lag” dans la connexion wifi, ce qui ne rend pas toujours les cadrages et déclenchement de photos évident. Ce lag n’est pas constant, et en son absence l’utilisation est très fluide.
  • Il y a de temps à autre des petits soucis de déconnexion wifi, résolus en un clic sur “réessayer”, à un point tel qu’on se demande pourquoi ce popup arrive et que Sony n’essaie pas tout simplement la reconnexion automatique
Soucis de connexion wifi

Soucis de connexion wifi

 

Prise de photos

Côté caractéristiques techniques, le DSC-QX10 a un capteur Exmor™ R CMOS de 18,2 Megapixels, avec une focale de 3,3 (grand angle) à 5,9 (téléobjectif). La distance focale est équivalente à un objectif 25-250mm et la sensibilité ISO de 100 – 3200. L’appareil reconnaîtra le mode de la scène automatiquement (macro, visage, paysage, nuit, contre-jour, …) et vous proposera les modes photos suivants :

  • Intelligent Auto : réglages automatiquement ajustés.
  • Superior Auto : “permet de prendre des photos dans une qualité supérieure à celle appliquée en mode Auto Intelligent”. J’adore ce genre de phrase car elle n’explique, en gros, rien du tout. Le plus important, dans ce mode, est que l’appareil va faire du bracketing : l’appareil prend plusieurs photos en rafale de la même scène en faisant varier certains paramètres tels que l’exposition, puis recombine les images en une seule optimisée. Ce mode de photo est simplement fantastique lors de prise de vue en faible éclairage et vous donne des photos correctement exposées et sans bruit. C’est, tout simplement, du HDR (ou High Dynamic Range) dont l’intérêt “est de pouvoir représenter ou de mémoriser de nombreux niveaux d’intensité lumineuse dans une image” [wikipedia].
  • Programme Auto : permet de prendre des photos en utilisant l’exposition automatique (vitesse d’obturateur et valeur d’ouverture (F)). Vous pouvez régler la valeur EV et la balance des blancs.

Lorsqu’une photo est prise, elle est stockée en sa taille originale (18 Megapixels) sur la carte mini SD se trouvant dans le QX10, et également transmise en taille limitée à 2 MB sur votre smartphone. Ceci vous permet de facilement pouvoir partager toute photo prise sur vos réseaux sociaux. Pour récupérer vos photos en leur taille originale, vous brancherez le QX10 à votre PC ou Mac via USB. Sony fourni les outils nécessaires pour un transfert facile, tel que Sony Play Memories Home ou Picture Motion Browser.

Ci-dessous vous trouverez quelques photos en exemple prises avec mon DSC-QX10 connecté sur un HTC One :

A noter que Sony fourni un SDK (Software Development Kit) pour le QX10, ainsi d’autres applications Android ou iPhone peuvent utiliser cet objectif/appareil photo. Elles ne sont pas légion pour le moment et sur Android on notera principalement :

  • Camera 360 : une des applis “caméra” la plus populaire sur Android, principalement pour la pléthore de filtres et autres effets disponibles, fonctionne maintenant avec le DSC-QX10. On y gagne les filtres et effets mais on y perd le contrôle sur le mode de photo (superior auto, intelligent auto, etc).
  • Timelapse – Sony Camera : très pratique pour prendre des… timelapses. A noter que l’appli gérera le déclenchement automatique des photos mais ne les montera pas en un petit film – vous devrez faire cela sur votre ordi.

Je regrette personnellement le manque de réglages disponibles à partir de l’application Sony Play Memories Mobile. Par exemple, j’aimerais :

  • avoir un contrôle manuel sur les types de scènes (macro, nuit, contre-jour etc) afin d’avoir un peu plus de contrôle sur ma “créativité”
  • pouvoir ajouter un tag de géolocalisation aux photos qui sont recopiées sur mon smartphone (données GPS venant alors de mon smartphone)
  • pouvoir voir le niveau de batterie et le niveau du signal wifi du QX10 via l’appli Sony Play Memories Mobile

Conclusions

Le DSC-QX10 est un drôle d’appareil souffrant de divers problèmes de jeunesse, les principaux étant le temps nécessaire avant de pouvoir prendre sa première photo et des petits soucis de performance ou stabilité du wifi. Je ne pense pas qu’il puisse remplacer complètement ni votre appareil photo traditionnel (granularité des réglages), ni l’appareil photo de votre smartphone (rapidité). Il apporte cependant une nouvelle possibilité pour prendre des clichés, et le fait de pouvoir désolidariser le viseur (ie votre smartphone) de l’appareil en lui-même permet des shots assez créatifs.

Personnellement, je laisse traîner le QX10 dans une des poches de ma veste ainsi, si je veux prendre des photos de qualité (par rapport aux photos de mon Smartphone) ou là où j’aurais besoin d’un bon zoom, je l’ai toujours sous la main. C’est loin d’être le cas pour mon appareil photo classique que je trouve plus encombrant et pour lequel je dois prévoir de l’emporter.

Ceci étant dit, on peut se demander si tout cela vaut les 199€ qu’en demande Sony.